Des vendanges « pires que prévu » : le préfet mesure le désarroi des viticulteurs
Dès le lendemain de la terrible nuit de gel qui s’est abattue sur le vignoble le 7 avril dernier, la profession viticole héraultaise se préparait à des mois difficiles. Désormais en septembre, tandis que les vendanges se déroulent depuis une quizaine de jours, les craintes se confirment : « L’Hérault produit en moyenne 5,5 Mhl, nous ferons 2,9 Mhl cette année », résume Jérôme Despey, président de la chambre d’agriculture à l’occasion de la première visite viticole du préfet Hugues Moutouh, récemment arrivé dans le département. Même chose au niveau du bassin de l’ex-Languedoc-Roussillon : avec 8,5 Mhl annoncés, on est bien loin des 12 Mhl attendus en temps normal. « En avril, nous nous étions focalisés sur les vignes gelées, aujourd’hui nous nous rendons compte qu'il y a eu un impact même sur les vignes qui non pas à proprement parler gelé. La perte sera de l’ordre de 30 % sur ces parcelles », explique le président de la chambre d’agriculture, sans compter les effets de la sécheresse qui s’est ajoutée. Également vice-président de la FNSEA, Jérôme Despey est catégorique : « les années 2022 et 2023 vont être difficiles », revenant à l’attaque sur le sujet de l’assurance des viticulteurs. Seuls 14 % d’entre eux sont assurés dans l’Hérault (30 % au niveau national).
Tour à tour, les représentants des différents syndicats professionnels – Jeunes agriculteurs, FNSEA, la Coopération agricole, les Vignerons indépendants – interpellent le préfet sur les aides mises en place. « Nous nous étions mis d’accord sur certaines exonérations comme celle de la taxe sur le foncier non bâti et certains viticulteurs reçoivent pourtant ces jours derniers une facture sans dégrèvement, fait remarquer Jérôme Despey. Les pertes étant plus conséquentes que prévues, il faut revoir la carte d’impact. » Présidente des Jeunes agriculteurs Occitanie, Camille Banton prédit que les investissements prévus pour aller vers le bio, la HVE « ne pourront être faits ». Invité à prendre la parole, le préfet a renouveler le soutien de l’État rappelant « que pour la première fois celui-ci met en place des mesures exceptionnelles (1 Md€ d’aides au niveau national). » Et d’indiquer que 1,3 M€ ont d’ores et déjà été versés aux viticulteurs héraultais « alors qu’au départ cette aide était uniquement fléchée vers les producteurs de fruits à noyaux ». Le préfet, face à ces vendanges « pires que prévu », assure que la cartographie des pertes va être à nouveau révisée.
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