Des étudiants de l'Isae-Supaéro vont (presque) s'envoler pour mars
Six étudiants de l'Isae-Supaéro, institut supérieur de l'aéronautique et du spatial basé à Toulouse, participent du 12 février au 11 mars à une mission de simulation de vie martienne dans la Mars Desert Research Station, au coeur du désert de l'Utah (États-Unis). Accompagnés d'un diplômé de l'école, chercheur en physiologie spatiale à l'Université libre de Bruxelles, ils mèneront une quinzaine d'expériences scientifiques. « Notre planning est très chargé, avec le déploiement d'expériences confiées à la fois par des laboratoires de recherche et des entreprises », indique à La Lettre M Marie Delaroche, qui jouera pour l'occasion le rôle de “journaliste de bord”.
« C'est assez unique »
Pendant un mois, les étudiants vivront dans un cylindre de huit mètres de diamètre, réplique de ce que pourrait être une base martienne. « Le paysage du désert de l'Utah est assez similaire à celui de Mars, explique Marie Delaroche, sélectionnée comme ses coéquipiers parmi une quarantaine de candidats. De même, ses conditions géologiques, tout comme la quantité de poussières et de particules fines que l'on y retrouve pourraient être comparables. Tout cela accompagnera bien évidemment le processus d'immersion de notre mission. » Pour l'étudiante, l'expérience est résolument formatrice. « C'est assez unique, sourit-elle. À seulement 21 ans, nous pouvons, à notre niveau, contribuer de façon concrète à des avancées scientifiques. Et d'un point de vue pédagogique, cela nous permet de mener à bien un projet très complet, de A à Z, sur une durée de plus d'un an. »
Une quinzaine d'expériences à réaliser
Parmi les expériences menées, le déploiement d'un dispositif imaginé en partenariat avec le Centre national d’études spatiales (Cnes) - qui compte 1 700 agents dans la Ville rose –, permettra d'équiper un robot d'une fonction de reconnaissance vocale lui offrant la possibilité d'échanger avec l'équipage. Une autre expérience, co-conçue cette fois-ci par le Medes, institut de médecine et de physiologie spatiales basé à Toulouse, doit permettre aux astronautes - là encore à l'aide de l'intelligence artificielle – de réaliser des échographies d'organes vitaux, et ce sans formation médicale. « Nous mèneront également une expérience relative à l'influence des paramètres environnementaux sur le stress (en collaboration avec KTH - Royal Institute of Technology, Suède, NDLR) et une autre, baptisée “Microgeen” et menée en lien avec la Nasa, sur la croissance rapide des plantes », ajoute Marie Delaroche. Comme les véritables astronautes, les étudiants se nourriront exclusivement d’aliments lyophilisés ou de légumes cultivés par le botaniste de l’équipage.










