Délaissée en grande distribution, l'AOC Costières de Nîmes séduit à l'export
Si jusqu’à présent les vins en AOC Costières de Nîmes se trouvaient beaucoup en GMS sous marque de distributeur, l'effet Covid et la réorganisation des rayons boissons au profit des bières et des boissons moins alcoolisées ont changé la donne. « La pandémie a eu pour effet de reporter les achats des consommateurs sur internet ou via des drives et cela a bénéficié à des appellations et des marques à la réputation plus établie que celle de l’AOC Costières de Nîmes », explique Michel Gassier, vice-président de la section Costières de Nîmes au sein de l'interprofession InterRhône. Résultat : depuis le début de l’année 2021, les ventes en GMS de l’appellation ont baissé en volume de 18 % pour les rosés et de 11,5 % pour les rouges. Ceci est – paradoxalement – plutôt une bonne chose car « cela a favorisé un redéploiement sur l’export et des marchés mieux valorisés », relève le syndicat de producteurs présidé par Bernard Angelras. Les États-Unis enregistrent ainsi une hausse des ventes de l'AOC gardoise de 32 % en volume, la Chine +4 %, le Royaume-Uni + 90 %, le Canada +65 %, l’Allemagne +25 %.
Équilibre économique
En termes de production, le volume de vin en AOC Costières de Nîmes s’établit pour la campagne 2020-2021 à 153 000 hl. Avec les effets associés du Brexit, de la taxe Trump et de la Covid, « il y a eu moins de revendications cette année », décrypte Michel Gassier. Les représentants syndicaux saluent à cette occasion « le comportement responsable des producteurs, qui ont ajusté leur production aux sorties pour ne pas déstabiliser le marché. » Des sorties de chai (ventes) qui auront atteint leur plus bas niveau sur la campagne 2019-2020 avec 154 000 hl avant de connaître un petit rebond en 2020-2021 pour atteindre 159 000 hl. « La distillation de crise – 65 000 hll – aura aussi permis d’assainir la situation des stocks outil, qui représentent désormais 8,3 mois de commercialisation avec 110 000 hl (-27 % par rapport à 2020, NDLR) », ajoute-t-il. Du côté des couleurs, « un équilibre économique a été trouvé », estime Michel Gassier. Les rouges représentent 50 % de la production (+3 %), les rosés 43 % (+3 %) et les blancs 7 %. « La hausse de production de 13 % de cette dernière couleur correspond à la demande générale et aux attentes des consommateurs », relève le vigneron gardois.










