la lettre M

Région Occitanie
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Industrie
| 26/10/2021

Décarbonation : les enjeux pour l’industrie régionale

À l’occasion du Siane, salon de l’industrie organisé du 19 au 21 octobre au Meett, à Toulouse, c’est en rang serré que la filière industrielle d’Occitanie a martelé l’importance stratégique de la décarbonation. « Il y a deux stades de décarbonation, estime Alexandre Saubot, président de France Industrie. Tout d’abord, l’amélioration de l’efficacité des process, qui est engagée depuis des années mais qui ne suffira pas à tenir les objectifs de neutralité carbone à l’horizon 2050. » Vient ensuite le développement de nouvelles solutions de rupture. Une seconde phase qui, « par définition, coûte de l’argent. Car décarboner, c’est augmenter le coût de production. » Pour faire face à cette « équation économique compliquée », deux leviers peuvent être activés : « D’une part, des mécanismes de type taxe carbone, dont l’acceptabilité n’est pas évidente. Et d’autre part, des solutions permettant d’aider l’industriel à réduire le coût du décarboné. Même si, là encore, il ne faut pas se faire d’illusion : avec les soutiens publics, on transfère le coût du consommateur vers le contribuable…  »

Le bâton et la carotte
Côté État, le soutien se décline sur plusieurs étages, précise Christophe Lerouge, directeur de la Dreets Occitanie. « Il s’agit d’accompagner à la fois l’efficacité énergétique, le développement des énergies vertes, mais aussi la décarbonation des procédés et le stockage et la captation de carbone », explique-t-il. Pour cela, l’État a deux outils à sa disposition : « le bâton et la carotte ». Le bâton ? Des règlements européens de plus en plus contraignants. La carotte ? « C’est l’argent ! sourit Christophe Lerouge. Les incitations publiques sont pensées pour permettre cette innovation technologique. » Le nouveau plan France 2030 (30 Md€ sur cinq ans) sera-t-il néanmoins suffisant pour répondre aux enjeux ? « Disons qu’avec ça, on peut commencer à jouer, à engager les sujets... », glisse Alexandre Saubot.

Un processus de temps long
Dans ce contexte, les industriels d’Occitanie entendent se positionner de façon volontariste. « La décarbonation n’est pas un sujet nouveau pour nous ; la mutation est engagée depuis des années, insiste Bruno Bergoend, président de France Industrie Occitanie et de l’UIMM MP-Occitanie. Mais c’est un processus de temps long. » Depuis le début de la crise, « de nouvelles aspirations » émergent au sein de la population et « les entreprises ont intégré cela », assure l’industriel toulousain. Avec des atouts significatifs pour le territoire sur des sujets comme l’avion « vert », les énergies renouvelables ou encore l’hydrogène. Un dernier chantier particulièrement stratégique pour Sylvain Vidal, délégué régional d’EDF, qui se félicite que l’Occitanie se soit « positionnée de façon anticipée afin de créer une vraie filière ». Même ambition affichée dans l’industrie chimique, « qui a déjà réduit ses émissions de CO2 de 68 % depuis 1990 », rappelle Cédric Cabanes, président de France Chimie Occitanie. Sur tous ces sujets, assure Bruno Bergoend, « l’Occitanie a un gros potentiel ».

Alexandre Léoty / leoty@alettrem.net:
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