De nouveaux investissements pour RAGT Semences
Après avoir pris le contrôle de Seed Force en Australie et en Nouvelle-Zélande en début d'année, l'aveyronnais RAGT Semences poursuit ses investissements à l'international. Le groupe aux 891 salariés*, qui sélectionne, produit et commercialise des semences dans les espèces majeures de grandes cultures et pour l'alimentation animale, vient en effet d’investir plusieurs millions d’euros pour acquérir 49 % des parts de la société russe Rosagrotrade (RAT), son partenaire depuis une quinzaine d’années. « Comme l’Ukraine et la Chine, la Russie est un pays où le secteur agricole se développe, avec des surfaces immenses, des potentiels de croissance forts et paradoxalement, nos parts de marché y sont faibles. C’est un peu un nouvel eldorado », résume à la Lettre M Laurent Guerreiro, directeur général de RAGT Semences. Pour l’entreprise, dont le portefeuille multi-espèces en fait l’un des leaders sur les marchés européens, le territoire russe constitue un vrai relais de croissance, avec la possibilité d’y proposer à l’avenir une offre génétique plus large. « C’est une source de revenus assez immédiats pour une entreprise comme la nôtre, ajoute le dirigeant. Ceux-ci pourront être réinjectés dans de nouvelles solutions que l'on voudrait développer en Europe, où le marché est devenu très concurrentiel, avec une réglementation qui nous limite dans ce que l’on peut faire et où il n’y a plus vraiment de croissance sauf à se réinventer (RAGT a, entre autres, signé un accord de coopération avec Bayer pour développer des semences de blé hybride pour les marchés européens, NDLR). » Ces nouvelles ressources serviront aussi à nourrir de futurs investissements en Afrique ou en Amérique du Sud, où l’entreprise souhaite s’implanter.
Un futur centre d’expertise dans le Tarn
Le groupe poursuit également ses projets en Europe, notamment en Espagne et en France. RAGT Semences, qui a consacré près de 20 % de son chiffre d’affaires à la R&D en 2020, a aussi injecté 8 M€ dans un nouveau centre de recherche à Annœullin (59), opérationnel depuis juin dernier. Il voit aussi dans l’après-crise sanitaire l’occasion d’accélérer le développement de certaines céréales comme le soja. Ne perdant pas de vue que son « centre de gravité reste l’Occitanie », comme le rappelle Laurent Guerreiro, il prévoit ainsi d’injecter 5 M€ d’euros dans sa station de recherche tarnaise de La Courtage à Rivières. « Ce site devient stratégique dans notre organisation de recherche. Nous voulons y développer nos sélections pour les protéagineux français et en faire un centre d’expertise en Occitanie », affirme le dirigeant. Ce futur centre d'expertise pourrait notamment servir au développement de soja sans OGM sur lequel RAGT Semences travaille depuis 50 ans. Un projet pour lequel il a d'ailleurs déposé une demande de subvention dans le cadre du plan France Relance.
* Siège à Rodez, 891 salariés (sur un total de 1 300 au sein du groupe RAGT), CA 2020 : 235 M€, 17 stations de recherche, 21 filiales commerciales et 45 programmes de recherche en cours.
Une nouvelle usine en Espagne
En Espagne, le groupe investit environ 8 M€ dans la reconstruction et la modernisation de l’une de ses usines dans l’optique de faire de la péninsule ibérique une base de son expansion sur le bassin méditerranéen. « Nous avons une activité céréale à paille-blé qui se développe énormément en Espagne et en Italie, notamment pour servir le marché du Maghreb, détaille encore le dirigeant. Il fallait reconstruire cette usine pour avoir un outil performant et irriguer le sud de l’Europe ». Actuellement en chantier, l’usine devrait entrer en fonction en juin 2022.
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