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Hérault
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Aménagement - Urbanisme
| 27/04/2021

Cyril Meunier, maire de Lattes : « II faut trente ans pour voir aboutir un projet urbanistique »

Commune limitrophe de la ville centre, Lattes n’échappe pas à la pression démographique et aux enjeux d’urbanisation. Le projet de requalification urbaine et commerciale d’Ode à la Mer se poursuit tandis que les entreprises frappent à la porte pour venir s’implanter. Point d’étape avec Cyril Meunier, maire sans étiquette de Lattes depuis 2001.

Comment se déroule le projet de requalification urbaine et commerciale Ode à la Mer depuis l’abandon du projet commercial Shopping promenade à Pérols ?

Le planning de réalisation est en cours d’élaboration et nous sommes en train de mener les négociations auprès des propriétaires des commerces (des zones du Solis, du Fenouillet et du Soriech). Cette annulation de Shopping promenade me cause souci. 90 % d'Ode à la Mer se situe sur Lattes. Dans le cadre de la réorganisation complète de la commune, les commerces le long de la route de la mer devaient trouver une place dans Shopping promenade. Ce projet annulé, l’outil réceptacle n’existe donc plus et je dois gérer l’urbanisation avec un jeu de domino. Je ne peux plus dire aux dizaines de propriétaires/locataires d’aller à Shopping Promenade le temps qu’on revoit l’urbanisation. Nous allons devoir faire îlot par îlot. Un premier îlot avec trois commerces est en cours de conception. Toutes les zones commerciales sont appelées à devenir des zones mixtes, y compris Carrefour et ses fonds de pension dont les actionnaires aux stratégies mondiales n’ont pas forcément des envies immobilières.

Shopping Promenade répondait-il toujours aux attentes d'aujourd'hui?

Le projet d’Ode à la mer date de 2004 et a été inscrit au Scot de 2006. Il fait encore école au niveau national et européen. Les zones commerciales des années 70, c’était fini, nous ne pouvions plus consommer de l’espace agricole ainsi. Il fallait, comme nous le faisons à Lattes, ramener la ville sur ses commerces après les avoir mis à trois kilomètres d’elle. Un appel d’offres avait été lancé et la foncière Frey l’avait remporté. Le rapport à l’environnement, à la pollution qui existe aujourd’hui…, nous l’avions pressenti et théorisé il y a quinze ans. C'est le temps qu'il faut pour convaincre avant de passer à la réalisation. Au-delà de cette prise de conscience, c'est l’explosion d’Internet qui bouleverse l’activité commerciale. Quand ça sonne à la porte, on sait que c’est Amazon. Mon seul regret est que nous avions anticipé ce phénomène avec Antoine Frey en réévaluant la place du retail. Les surfaces prévues sur Shopping promenade étaient surtout des showrooms et des petits volumes.

Autre sujet, l'implantation des entreprises. Y a-t-il de la place sur le territoire métropolitain ?

Nous avons là un gros problème. Lors de l’élaboration du Scot en 2006, nous n’avons pas créé suffisamment de zones d’activité économique, ce qui fait qu’aujourd’hui, nous avons 700 demandes d’implantation d’entreprises par an sur la métropole et que seules 200 sont satisfaites. Le futur Scot de la Métropole doit prévoir des ZAE.

Quelles sont les possibilités à Lattes?

Je souhaiterais que l’on conserve la zone située entre les deux autoroutes, à proximité du mas de Saporta. Il faudrait que la passerelle piétonne, actuellement fermée pour sécurité et qui relie Lattes à Montpellier, soit transformée en pont routier. Le pôle de valorisation de l’agriculture régionale qu’est le mas de Saporta pourrait ainsi être mis en valeur. Il y a des terrains tout autour qui ne sont pas cultivés et qui pourraient recevoir une zone d’activité économique, bien située car à proximité de l’autoroute. Un problème hydraulique est apparu mais nous avons quand même une douzaine d’hectares. Je regarde aussi avec attention l’évolution de Cambacérès. Au total, une dizaine d’hectares sont situés sur la commune de Lattes, il pourrait y avoir un mix d’hébergements et de bureaux, avec des espaces arborés. La zone de Garosud reste à terminer. Après cela, Lattes étant une commune du littoral, je n’ai pas d’autres endroits.

Propos recueillis par Nelly Barbé / barbe@lalettrem.net
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