Crise, emplois, relance, passerelles RH... : les défis de la Mecanic Vallée
Hervé Danton, délégué du cluster Mecanic Vallée, qui anime un espace économique constitué de sociétés de l’aéronautique, des transports, de la mécanique générale et du secteur automobile en Aveyron, en Corrèze, dans le Lot, en Haute-Vienne, dans le Cantal et en Dordogne (215 entreprises, 13 000 emplois), livre à La Lettre M sa vision de la relance économique du territoire.
Quel est l'impact de la crise sur la Mecanic Vallée ?
Le territoire n'est évidemment pas épargné par la crise économique. Beaucoup d'acteurs enregistrent de fortes baisses d'activité. Et si nous n'avons pour le moment eu à déplorer la fermeture “que” de dix entreprises, nous savons que plusieurs PSE sont actuellement en cours. Si nous analysons la situation, il ressort qu'un millier d'emplois pourrait être sacrifié dans les prochaines années, en intégrant notamment les effets de la crise sur le site Bosch de Rodez et sur des acteurs aéronautiques comme Figeac Aéro.
La situation, cependant, est contrastée...
En effet ! Nous voyons que beaucoup d'entreprises de la Mecanic Vallée sont actuellement soutenues par les différents plans de relance. Par conséquent, de l'argent vient irriguer le territoire. Soyons réalistes : la période est compliquée pour tout le monde. Mais il y a de l'espoir, des possibilités. D'ailleurs, paradoxalement, nous sommes actuellement confrontés à une pénurie de main d'œuvre sur des métiers en tension comme les techniciens de maintenance, les soudeurs ou encore les chaudronniers. Il y a ainsi une cinquantaine de postes à pourvoir dès maintenant dans le territoire. C'est la conséquence du fort soutien public : peu de compétences arrivent sur le marché.
Le plan France Relance vous semble-t-il à la hauteur des défis à relever ?
Honnêtement, nous ne sommes pas à plaindre de ce point de vue, bien au contraire. Nous faisons en effet partie des territoires les mieux dotés, sous l'effet conjugué des plans de relance de l'État et de la Région, qui soutiennent des projets porteurs d'emplois.
Y a-t-il un développement de passerelles, notamment en matière de ressources humaines, entre les entreprises du territoire ?
Absolument. Nous avons d'ailleurs été mandatés par France Industrie Occitanie pour déployer le dispositif “Passerelles Industries” dans le Lot et l'Aveyron (dispositif qui favorise la mobilité inter-entreprise de personnels via le prêt ou l’emprunt de main d’œuvre, le recrutement ou le reclassement, NDLR). Dans ce cadre, nous suivons actuellement 90 entreprises intéressées. C'est très significatif et l'effet réseau est considérable : nous mettons en relation des branches industrielles qui, jusque-là, se connaissaient mal.
