[Covid-19] Marchés, saisonniers, distribution... : Les chambres d'agriculture tirent la sonnette d'alarme
Deux présidents de chambre d’agriculture, Jérôme Despey pour l’Hérault et Philippe Vergnes pour l’Aude, montent aujourd’hui au créneau et enjoignent, avec l’aval des préfectures, les maires à « continuer à autoriser les marchés de plein vent afin que les agriculteurs puissent écouler leurs produits. ». Un courrier en ce sens a été envoyé à tous les édiles des deux départements, dont Philippe Saurel, maire de Montpellier, qui a décrété le 21 mars la fermeture de tous les marchés alimentaires de la ville. « Ces marchés sont des circuits de distribution essentiels, insiste Jérôme Despey auprès de La Lettre M. Parallèlement, nous nous engageons à faire une campagne d’information auprès des producteurs pour que l’espace entre les étals soit respecté ainsi que la distance à garder matérialisée. »
Pénurie de main d'oeuvre
Autre attention toute particulière du président de la chambre héraultaise, celle pour les producteurs de fruits et légumes, en particulier la récolte d’asperges et de fraises qui démarre. « Il faut pouvoir recourir à des saisonniers or ceux qui venaient habituellement d’Espagne ou du Portugal ne sont pas là », explique Jérôme Despey qui estime que la pénurie de main d’oeuvre saisonnière en ce mois de mars s’établit à 300 personnes dans l'Hérault, tous secteurs confondus. « Nous avons mis en place avec la FDSEA, la chambre d’agriculture, l’État et Pôle emploi une bourse de l’emploi, annonce-t-il. Pourquoi ne pas faire appel à des étudiants de Supagro par exemple à qui nous pourrions proposer un contrat saisonnier? »
Circuit de proximité
Qui dit récolte dit vente de ces produits. « D’où l’importance de réouvrir les marché de plein air mais aussi que les grandes et moyennes surfaces s’engagent en faveur d’un circuit d’approvisionnement local, plus que d’habitude. Il faut arrêter de faire entrer des fraises et des asperges d’Espagne quand nos agriculteurs en produisent ! » La chambre d’agriculture de l’Hérault a lancé un appel auprès des représentants de la grande distribution dans le département et cet appel a été étendu à toute l’Occitanie. « Cela va dans le sens de l’appel à la solidarité souhaité par le Président de la République, estime Jérôme Despey. La chaîne de l’alimentation et de l’agroalimentaire ne doit pas être rompue. »
Transport, garantie bancaire
Un nouveau sujet est d’ailleurs en train d’émerger: celui de la logistique et du transport des marchandises et autres produits nécessaires aux agriculteurs. « Il y a quelques difficultés avec des usines de fabrication de matière première, comme par exemple des moules pour faire du fromage. Certains agriculteurs font aussi remonter des difficultés avec La Poste ». Autre sujet encore en suspend: celui de savoir si la garantie bancaire de Bpifrance s’appliquera aux entreprises dont le chiffre d’affaires est inférieur à 450k€. « Nous devrions avoir des précisions mercredi », indique Jérôme Despey. Des secteurs, comme l’horticulture, sont à ce jour déjà en grande difficulté, le mois de mars et avril étant essentiels dans leur activité, rendue nulle avec la fermeture des magasins non alimentaires.










