Comment WiSEED entend collecter 100 M€ par an
L’objectif est ambitieux mais « réaliste », estime Mathilde Iclanzan, DG de la plateforme toulousaine de financement participatif WiSEED, interrogée par La Lettre M : « Nous souhaitons atteindre les 100 M€ collectés chaque année d’ici à 2023. » En 2021, la société devrait franchir le cap des 70 M€. Quant au total des fonds collectés par ses soins – auprès de quelque 21 000 investisseurs – depuis sa création en 2008, il se porte à « presque 312 M€ », indique la dirigeante. « Le crowdfunding a mis du temps à émerger en France, analyse Mathilde Iclanzan. Mais il s’est peu à peu installé, devenant une véritable alternative de financement, complémentaire des fonds privés et des dispositifs publics, dans un contexte de désintermédiation financière. Aujourd’hui, la croissance du marché est très importante, de l’ordre de 50 % par an. De notre côté, nous souhaitons nous inscrire dans ce mouvement tout en conservant une croissance mesurée. Nous souhaitons conserver notre positionnement qualitatif. »
Miser (aussi) sur les actifs « verts »
Une croissance portée – à hauteur de 75 % – par le financement de projets immobiliers. La filiale WiSEED Immobilier, dédiée au financement de programmes de construction neuve, de réhabilitation et d’opérations de marchands de biens, a ainsi levé 214 M€ au cours des sept dernières années, participant au financement de 518 projets. Mais WiSEED surfe aussi sur l’engouement actuel des investisseurs pour des sujets plus sociétaux en leur proposant d’intervenir dans des entreprises de proximité et des projets à impact, notamment dans le champ environnemental. « C’est encore plus vrai depuis le début de la crise sanitaire, estime Mathilde Iclanzan. Les investisseurs souhaitent se positionner sur des actifs proches dans une logique d’économie réelle et de circuits courts. Ils veulent du concret, de la transparence. » Ainsi, depuis sa création, WiSEED a collecté 94 M€ pour des entreprises des secteurs de l’environnement, de l’énergie, de la santé et de l’alimentation. Pour aller plus loin, la société toulousaine a créé en mars dernier une nouvelle filiale baptisée WiSEED Transitions, dédiée au financement de start-up engagées dans les énergies renouvelables, la mobilité décarbonée ou encore la biomasse. 6 M€ ont déjà été collectés.
Vers 8,5 M€ de CA
WiSEED, qui compte 44 salariés, a enregistré 4 M€ de chiffre d’affaires l’an dernier. « Nous devrions atteindre 5,5 à 6 M€ cette année, anticipe Mathilde Iclanzan. Nous visons les 8,5 M€ de CA à l’horizon 2023. » Pour cela, la société toulousaine pourrait investir le second marché – et pourquoi pas, à plus long terme, la blockchain –, tout en nouant des partenariats avec des acteurs européens afin de déployer ses services dans les pays voisins. En vue de poursuivre ses investissements technologiques, WiSEED planifie par ailleurs plusieurs recrutements de développeurs. À ce jour, la société indique avoir remboursé 306 projets à hauteur de 154 M€.
Le développement des actifs « verts » reflète « de nouvelles préoccupations, qui coïncident avec de nouveaux modes de consommation », estime la chef d’entreprise. Et d'ajouter : « Dans cette même logique, nous avons fait le choix d’appliquer depuis quelques mois des critères ESG (environnementaux, sociaux et de gouvernance) à l’ensemble de nos projets, y compris immobiliers, afin d’afficher clairement leur impact. »
