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Région Occitanie
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Finances
| 23/07/2020

Comment le mécénat s'adapte à la crise

La crise du Covid-19 a frappé tous les secteurs mais la solidarité a cependant joué à plein. De nombreuses entreprises se sont engagées dans différentes formes de mécénat et n’ont pour l’instant pas revu leur budget à la baisse. Mais les difficultés économique et l’évolution du fléchage des dons inquiètent certaines associations, qui cherchent à garder leurs mécènes.

L’épidémie de Coronavirus a fait émerger de nombreuses initiatives de solidarité. Dans ce domaine, les entreprises françaises n’ont pas été en reste, selon une étude de l’Association pour le développement du mécénat industriel et commercial (Admical), puisque 86 % d’entre elles ont fait du mécénat spécifique à la crise. Près d’un tiers a même augmenté son budget mécénat au cours de cette période. Mais la crise aura certainement un impact. « Le discours à tenir pour sensibiliser les entreprises au mécénat et les inciter à faire plus et mieux va être un exercice d'équilibriste », reconnaît François Debiesse, président de l’Admical. Il souhaite particulièrement sensibiliser les PME et ETI en régions, qui représentent 96 % des entreprises mécènes en France selon le dernier baromètre de l'association.

Des avantages pour les entreprises. La loi Aillagon sur le mécénat de 2003 permettait à une entreprise mécène de défiscaliser son don à hauteur de 60 % des sommes versées, dans la limite de 5 % de son chiffre d’affaires. En 2019, le gouvernement a cependant apporté des modifications, comme le rappelle Sylvaine Parriaux, déléguée générale d’Admical. « Nous avons lutté contre cette réforme qui, à partir de 2 M€, fait passer le taux de défiscalisation de 60 à 40 %, à l’exception des associations loi Coluche, qui traitent de l’urgence sociale », regrette-t-elle. Les contreparties matérielles ne peuvent en outre excéder 25 % du montant du don.

Une évolution des dons. Ces changements de législation et la crise sanitaire ont indéniablement bouleversé le secteur. 41 % des mécènes déclarent entrer en réflexion pour faire évoluer leurs axes d’intervention, selon l’étude. Une tendance qui inquiète Vincent Lauga, responsable du mécénat pour l’association toulousaine Aïda (président : Pierre d'Agrain), créée en 1988 afin de regrouper des entreprises soutenant l’activité du Théâtre et de l’Orchestre National du Capitole. « Le mécénat culturel était en pleine mutation avant la crise et celle-ci a accéléré ce phénomène. Les entreprises s’engagent sur des sujets humanitaires, sociaux, de santé, environnementaux… », note-t-il. Aïda rassemble 90 mécènes pour un budget annuel de 550 k€. L’objectif affiché est de fidéliser les partenaires, même si leur budget diminue. « Nous devons aussi nous adapter et associer le culturel avec les préoccupations de la société », assure Vincent Lauga.

De nouvelles formes de mécénats. Si le mécénat financier reste prioritaire, celui-ci a enregistré une forte baisse pendant la crise. « 99 % des grandes entreprises réalisaient du mécénat financier avant la crise, contre 86 % pendant », indique l’étude de l’Admical. D’autres types d’engagement possibles séduisent en revanche de plus en plus. « Le mécénat en nature et en compétences est probablement amené à beaucoup se développer, c'est une tendance que nous avons constatée dans le cadre de la crise », assure Jefferson Ranson, assistant juridique et affaires publiques au sein de l'Admical. Des formes de mécénat qui s’inscrivent souvent en complément d’une politique de mécénat financier.

Paul Périé / redaction.toulouse@lalettrem.net
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