la lettre M

Région Occitanie
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Aéronautique et spatial
| 23/06/2021

Comment le Cnes et Nubbo veulent faire émerger des start-up “lunaires”

Accompagner des projets de start-up dont le modèle économique, s'il trouve des applications de court terme sur la terre ferme, s'inscrit dans le cadre de l'exploration du système solaire et de la colonisation de la Lune : tel est l'objectif de l'incubateur TechTheMoon – premier du genre dans le monde - lancé conjointement par deux acteurs majeurs de l'écosystème de l'innovation en Occitanie. D'une part, le Centre national d’études spatiales (Cnes), qui compte 1 700 agents dans la Ville rose - soit 70 % de ses effectifs nationaux -, et d'autre part, l’incubateur de start-up régional Nubbo, implanté au sein de la Cité, à Toulouse. Le programme d'un an doit permettre d'accompagner cinq projets. « Ce ne sont évidemment pas les start-up qui vont créer les futurs vaisseaux spatiaux, sourit Lionel Suchet, DG délégué du Cnes. Mais certains projets sont clairement à leur portée, que ce soit du côté des applications spatiales ou des solutions liées directement à l'exploration lunaire (support vie, gestion de l'eau potable, énergie, mobilité...). Dans tous les cas, nous leur demandons d'avoir en vue des applications terrestres à court terme, car il n'y aura probablement pas de base lunaire avant 2030. »

De la Terre à la Lune
« Le Cnes a toujours adapté son positionnement au contexte, afin de faire croître l'écosystème spatial français, explique Lionel Suchet. Avec la révolution du secteur, liée au numérique et aux capacités à traiter rapidement et massivement les données, de nouveaux enjeux économiques sont apparus. Ils ne remplacent pas les enjeux institutionnels mais, tout comme les télécommunications, apportent une nouvelle dimension ouvrant la voie à un spatial “privé”. Le Cnes se doit d'accompagner ce mouvement. »
Dans ce cadre, la collaboration avec Nubbo est naturelle, selon le DG délégué du Cnes : « Nous travaillons ensemble depuis des années. » Pour Anne-Laure Charbonnier, directrice de l'incubateur régional, la répartition des rôles entre les deux entités est pleinement équilibrée. « Le Cnes s'assure que les solutions développées puissent aboutir à un prototype ou à une version bêta applicable dans le cadre de l'exploration lunaire, tandis que de notre côté, nous accompagnons le développement d'un business model terrestre », résume-t-elle, confirmant que « la Lune ne suffira pas à constituer un modèle viable ». Les start-up incubées devront s'implanter en Occitanie, au moins le temps de leur accompagnement. « Certes, le Cnes n'a pas vocation à privilégier tel ou tel territoire, reconnaît Lionel Suchet. Mais en s'installant à Toulouse, les porteurs de projets seront situés au coeur de l'écosystème spatial français. »

Alexandre Léoty / leoty@lalettrem.net
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