la lettre M

Haute-Garonne
|
Transports - Logistique
| 1/09/2020

Comment l'aviation d'affaires tire son épingle du jeu

Alors que l'aviation commerciale est touchée de plein fouet par la crise sanitaire, il semble que l'aviation d'affaires, elle, s'en sorte mieux. C'est en tout cas les conclusions de la dernière étude de l'Association européenne de l'aviation d'affaires (EBAA), publiée le 26 août. Selon l'organisme, après avoir été « fortement impacté par la crise à partir de la mi-mars, réduisant l'activité jusqu'à 76 % vers la mi-avril », le secteur européen de l'aviation d'affaires a enregistré « une légère reprise fin mai, qui s'est confirmée en juin et s'est accélérée en juillet, avec un trafic à 10 % en dessous des niveaux de 2019 à la même période. » Pour l'EBAA, si elle n'est pas encore revenue à son niveau d'avant-crise, « l'aviation d'affaires est en train de façonner la reprise du transport aérien et a récupéré beaucoup plus que les compagnies aériennes ». Un phénomène qui s'expliquerait par une adaptation de la part des usagers. « Les nouveaux clients sont prêts à payer un peu plus pour plus de flexibilité de voyage, de tranquillité d'esprit et de sécurité », estime l'organisme européen.

À Toulouse-Francazal, une hausse de 8 %
Mais qu'en est-il dans la région toulousaine ? Alors que nombre d'avions commerciaux sont encore cloués sur le tarmac, l'aviation d'affaires, elle, semble bénéficier d'un effet de « report
», comme l'explique à La Lettre M Sabine Monties, directrice d'exploitation de l'aéroport Toulouse-Francazal (Edeis). « À fin juillet, notre trafic en aviation d'affaires est en hausse de 8 % par rapport à la même période de 2019, constate-t-elle. En sachant que chez nous, le trafic a été quasiment nul entre mi-mars et mi-mai. Nous avons bénéficié, dès la fin du confinement, d'un transfert des mouvements d'avions d'affaires de Toulouse-Blagnac vers Toulouse-Francazal, car nos protocoles sanitaires étaient moins onéreux. » Un phénomène qui s'inscrit plus largement dans une tendance haussière (+ 40 % en 2019) pour la plateforme. À Toulouse-Francazal, l'aviation d'affaires représente environ 5 % des mouvements d'avions, contre 45 % pour l'aéro-industrie et 50 % pour les vols de l'armée et de la gendarmerie. Soit environ 200 mouvements par an. « Nous misons sur une progression annuelle de 10 à 15 % », anticipe Sabine Monties.

Alexandre Léoty / leoty@lalettrem.net
Bloc Abonnement

La Lettre M sur votre bureau chaque mois, la newsletter quotidienne à 18h, toute l'actualité en temps réel sur lalettrem.fr, les magazines thématiques, le guide « Les Leaders, ceux qui font l’Occitanie », la référence des décideurs d'Occitanie