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Hérault
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Aménagement - Urbanisme
| 18/02/2015

Comment Christophe Perez veut redresser la Serm et la Saam

Développer le chiffre d’affaires « par l’identification de nouveaux contrats », réaliser des économies, et réduire la masse salariale : ce sont les trois axes du plan stratégique du nouveau directeur général de la Serm et de la Saam, Christophe Perez. Objectif : éviter un déficit prévu de 2,9 M€ à l’horizon 2017. Selon un audit réalisé par le cabinet lyonnais Orfys, dont les conclusions ont été présentées ce matin à la presse par le président de la Métropole de Montpellier, Philippe Saurel, la Sem montpelliéraine présentait certes, des comptes en équilibre, mais risquait de se retrouver à court terme en déficit, en raison d’une baisse de son activité d’aménagement, et d’une augmentation de ses effectifs.

Faire mieux avec moins
« Si rien n’est fait, notre déficit atteindra 2,9 M€ en 2017, sur un budget de 12 M€ », assure le directeur général de la Sem et de la SPL, qui a succédé en septembre 2014 à Thierry Laget à la tête des deux sociétés, bras armé de la politique d’aménagement de la Ville et de la Métropole de Montpellier, via, en particulier, la création de Zac. « Notre objectif est d’être à l’équilibre en 2017 », affirme le DG, qui entend jouer sur trois leviers. 1/ « Nous allons développer le chiffre d’affaires par l’identification de nouveaux clients », ajoutant qu’il avait repéré « 20 dossiers sur lesquels nous pourrons travailler ». 2/ réaliser des économies, par tous les moyens : réduire le recours à des prestataires extérieurs « en favorisant les compétences internes », économiser les loyers en regroupant les sites, de cinq actuellement, à « deux ou trois sites », et réduire sa communication. La Serm et la Saam « n’étant pas des Républiques libres », selon le maire de Montpellier, Philippe Saurel, leur communication passera désormais par la Ville et la Métropole. 3/ tailler dans les effectifs : de 127 ETP actuellement, ils seront réduits de 20 personnes, par non reconduction de CDD, non remplacement de départs en retraite, et vraisemblablement des licenciements. Soit l’équivalent des 20 postes supplémentaires dont les effectifs auraient été renforcés depuis ces dernières années, selon les audits commandés par Philippe Saurel.
« Une Mustang au moteur corrodé »
Les deux audits, l’un portant sur les comptes des deux sociétés, l’autre sur la situation sociale, seront présentés prochainement au CA de la Serm et de la Saam, puis aux élus de la Ville et de la Métropole. Pour Philippe Saurel, qui compare la Serm à « une très belle Mustang avec un moteur complètement corrodé », les maux reprochés à la société se résument ainsi : « une diminution du volume d’affaires, liée au marché du logement », « une diminution des recettes lié au département énergie », et une « montée importante des charges de personnel ». « De 156 M€ de travaux en 2011, la Sem est passée à 95 M€ en 2013 », précise Bruno Genevois, associé du cabinet Orfys, qui a réalisé les deux audits. Le CA lié à cette activité a baissé dans le même temps de 2 M€. De leur côté, les effectifs ont augmenté de 20 personnes entre 2009 et 2013 « alors que le niveau d’activité était en décroissance ». Pendant cette période, l’activité de gestion d’un réseau de chaleur en délégation de service public a assuré « 70 % du résultat de l’ensemble », ajoute l’auditeur, avec des résultats de 1,8 à 2 M€. Des performances qui « viennent atténuer, si ce n’est masquer, la tendance lourde pour la rentabilité de l’ensemble ». Les indicateurs financiers ne sont pas bons : un endettement « qui se dégrade », une « réduction de la trésorerie disponible », et une « dégradation de la situation ». Néanmoins, « les équilibres globaux restent acceptables et conformes à la moyennes des EPL ».
Baisse de la rentabilité
La Saam, une SPL créée plus récemment pour porter, notamment, des opérations de réhabilitation, souffre pour sa part d’une perte importante de ses capitaux propres. « Si rien n’est fait, la Saam aura consommé 170 % de son capital social en 2017 », assure Christophe Perez. Pour l’avenir des deux sociétés, Orfys prévoit « une baisse très importante des résultats du département énergie », en raison notamment de la nécessité de nouveaux investissements, liés à la transition énergétique, et « une rentabilité de l’ensemble fortement mise à mal » par cette baisse de la rentabilité du réseau de chaleur.
Côté personnel, Orfys met en avant deux maux : une « productivité des personnels » inférieure à la moyenne des EPL, un « renforcement de l’absentéisme », et un dialogue social difficile entre l’ancienne direction générale et les représentants du personnel. Christophe Perez s’est également engagé à renouer ce dialogue. Tout en imposant des mesures d'économie vitales, selon la gouvernance, à l'avenir des deux sociétés.
Photo HF : de gauche à droite, Philippe Saurel, président de Montpellier Métropole, Max Lévita, président de la Serm et de la Saam, Christophe Perez, directeur général.

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