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| 18/01/2022

Christian Teyssèdre (Ville et Agglomération de Rodez) : « Je crois aux projets portés par Bosch »

Un mois après la signature de l’accord de transition actant la suppression de 750 emplois sur le site Bosch de Rodez, le maire LREM de la Ville et président de l’Agglomération évoque les conclusions d’un rapport du cabinet EY relatif au potentiel de développement de son territoire. Entretien.

Début décembre, les syndicats ont entériné la suppression, d’ici à 2025, de 750 emplois sur les 1 250 que compte l’usine Bosch de Rodez spécialisée dans la fabrication de buses et d’injecteurs pour moteur diesel. Que vous inspire cette décision ?

Ce plan de réduction de l’emploi est la conséquence d’un changement technologique lié à la fin programmée du diesel. La direction du groupe et les syndicats ne sont pas responsables de cette évolution. Et il ne s’agit pas d’un problème de compétitivité. Nous n’avons donc pas d’autre choix que d’accompagner cette mutation. Je rappelle également que ces dernières années, Bosch a déjà supprimé un millier d’emplois en transférant une partie de ses activités en Turquie, où le coût du travail est plus faible qu’en France. Et il n’était pas question à cette époque de changement technologique.

Comment envisagez-vous l’avenir de ce site industriel ?

Je crois beaucoup aux projets portés par le groupe, notamment concernant l’hydrogène. Cela va nous permettre d’avancer. Bosch envisage en effet la création de 300 emplois dans cette filière à l’horizon 2023 et prévoit d’investir plusieurs dizaines de millions d’euros. Le groupe va lancer le développement de nouvelles lignes destinées à l’assemblage de piles à combustible. Ces dernières équiperont les véhicules de transport frigorifique dont des semi-remorques avec une solution clé en main durable, sans émission de gaz. Au niveau de l’Occitanie, c’est le seul projet aussi avancé lié au développement de la filière hydrogène.

Vous venez de prendre connaissance des conclusions d’un rapport d’EY relatif au potentiel de développement de votre territoire intitulé “Territoire d’industrie“. Quelles sont les grandes lignes de ce document ?

Je constate tout d’abord que le taux de chômage de notre zone d’emploi n’est que de 4,5 %, avec près de 3 000 postes vacants. Nous sommes donc en situation de plein emploi. Ce rapport relève par ailleurs un manque de main d’œuvre qualifiée et d’importants projets de création d’emploi émanant d’entreprises aussi bien endogènes qu’exogènes. Et depuis des décennies, nous sommes l’un des rares territoires de la région où le solde commercial est positif. Cela signifie que les habitants consomment localement. Tous ces signaux sont positifs. Je rappelle aussi que, depuis toujours, la croissance de notre territoire s’est faite grâce aux entreprises endogènes.

Comment accompagnez-vous cette dynamique ?

Notre communauté d’agglomération a investi près de 40 M€ en une dizaine d'années dans le développement de ses zones d’activités. Cet effort financier a permis à près d’une centaine d’entreprises de s’implanter et de se développer dans notre bassin d’emploi avec à la clé la création de près de 3 000 emplois. Pour l’heure, nous avons recensé 38 projets d’implantation ou d’extension d’entreprises, dont certains vont mobiliser entre 10 et 15 M€ d’investissement dans des secteurs allant de l’industrie à l’environnement. Nous allons donc poursuivre nos efforts pour soutenir ces différents projets.

Propos recueillis par David Danielzik / danielzik@lalettrem.net
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