Pyrénées-Orientales
Commerce - Artisanat
Carré d’Or : le permis de construire fait polémique

L’association l’Olivier, co-présidée par Bruno Delmas et le comité d’orientation stratégique qui regroupe les associations de commerçants du centre-ville de Perpignan (COS), co-fondé par Isabelle Betran, Nadia Kharbouch et Bertrand Meunier, dénoncent la « prorogation du permis de construire délivré (initialement) le 6 mai 2010 » au projet commercial du Carré d’Or (15 000 m2), porté par le groupe Codic, situé en entrée de ville à Château Roussillon. Selon les opposants, ce permis serait illégal. Dans un courrier en date du 25 août, adressé à Jean-Marc Pujol, maire de Perpignan, et sur la base des informations recueillies, ils dénoncent la « mention d’un terme de la validité de la décision initiale au 13 octobre 2014 ».
Des questions en suspens
Ils considèrent, au regard de la décision de la CDAC de 2007, que « le permis de construire n’est valable que jusqu’au 6 mai 2010 » et se demandent pourquoi, le 16 juillet dernier, « la Ville fixe la date du permis de construire au 13 octobre 2011 » avec une prorogation à compter « du 13 octobre 2014 jusqu’au 13 octobre 2015. »
« La demande de prorogation date du 3 juin 2014, indiquent-ils, soit avec plus d’un an de retard sur le délai maximum. » Les opposants demandent aussi au maire et à ses services de fournir la date de délivrance de l’autorisation de libération du terrain au promoteur à l’issue des fouilles archéologiques requises, ainsi que la date de déclaration d’ouverture du chantier. « Cette correspondance n’a reçu aucune réponse à ce jour », indique Bruno Delmas.
Une action en justice
Selon lui, le maire a plusieurs options : « soit il considère que notre analyse est infondée et prend le risque de laisser prospérer un droit illégal et la concurrence face au centre ville, soit il va devant les tribunaux pour demander le retrait de cette prorogation. Il a deux mois, soit jusqu’au 16 septembre. » À l’issue de la conférence de presse, ni L’Olivier ni le COS ne se sont prononcés sur leur volonté d’aller devant les tribunaux.
43 % des enseignes pour l’équipement de la maison
Le 20 août, entourés de commerçants, ces derniers voyant le chantier du centre commercial démarrer, avaient dénoncé le fait que « 44 % des enseignes » prévues sur le site concernaient des enseignes liées à l’équipement de la personne alors que l’autorisation de la CDAC fait mention d’équipement de la maison, qui représenterait à ce jour « 43 % des enseignes » selon eux.
16 % de vacance
Comme beaucoup de projets commerciaux, celui du Carré d’Or a subi les effets de la crise depuis 2008, ce qui n’a pas empêché le promoteur de s’acquitter des taxes lui incombant en 2011 et 2012, soit plus de 840 000 euros, en convient Bruno Delmas, document à l’appui. Le Carré d’Or pourrait créer 150 emplois. « Faut-il sacrifier les commerces du centre ville pour autant ? », répondent les commerçants. Comme Carcassonne, Perpignan affiche, selon une étude réalisée par Procos, un taux de vacance des commerces du centre ville de 16 %. « Ce taux est plutôt de 30 % », affirme Bruno Delmas, qui appelle à « la création d’une société publique locale sous forme de foncière, en lien avec les banques et la CCI. Sur la base d'un plan à trois ans, elle achèterait les commerces vacants pour les remettre sur le marché. »










