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Pyrénées-Orientales
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Agri - Agro
| 27/01/2012

Bruno Lemaire propose des pistes aux producteurs de fruits

Le ministre de l’Agriculture est venu, hier, à Canet-en-Roussillon, clôturer le congrès national de la Fédération des producteurs de fruits, à laquelle il a proposé quelques pistes pour sauver cette filière en grande difficulté et donner aux producteurs les moyens de sécuriser leur revenu. Parmi les pistes avancées par le ministre : la régulation des marchés européens pour la filière fruits, des indemnités de retrait adaptées au niveau des prix et des coûts dans les pays, des pratiques commerciales encadrées, un observatoire des prix et des marges « pour garantir la valeur ajoutée au profit des producteurs ».
Coût du travail, un enjeu ?
Le ministre a aussi insisté sur le coût du travail. « Nous avons débloqué 500 M€ pour les allègements. Il faut aller plus loin, alléger les charges sur le travail sans quoi nous perdrons les outils industriels et agricoles, indique-t-il. On ne peut plus accepter que la rémunération varie du simple au double que l’on soit producteur en France ou en Espagne. De fait, des emplois disparaissent en silence, c’est le cas des arboriculteurs. Il y a la nécessité d’une harmonisation sociale en Europe. L’Europe ce n’est pas le dumping social vers le bas, ce n’est pas non plus le moins disant social. »
Moraliser le commerce
Gérard Majoral, en charge de la filière fruits à la FDSEA 66, s’interroge : « À l’arrivée, la réduction du coût du travail devrait atteindre entre 10 à 20 cts. Je pense qu’il vaudrait mieux aujourd’hui se pencher sur les 6 ou 7 acheteurs qui contraignent le marché, plutôt que de pointer les difficultés des producteurs qui, malgré des crises qui durent dans le temps, sont toujours là. » Pour lui, il est donc crucial de moraliser le commerce. « Début 2011, 40 % des exploitations étaient en situation de dépôts de bilan beaucoup sont encore en activité. Les producteurs ont une forte capacité de résistance, c’est peut-être cela qui énerve l’Etat », note-t-il.
2 000 emplois en danger
Le président de la FDSEA, Yves Aris, se positionne en faveur de la TVA sociale, grande absente du discours du ministre. « La TVA sociale peut aider les entreprises à sortir la tête de l’eau. Sinon on se prépare à une catastrophe. 130 exploitations n’ont pas payé les cotisations sur salaires, elles tirent sur les fournisseurs et certaines ont des dettes bancaires. En Roussillon, ce sont 2 000 emplois qui sont menacés. »
« S’il faut renforcer le dispositif de lutte contre la spéculation et le démembrement du foncier agricole, je serai le premier à défendre cette idée », a répondu le ministre à La Lettre M. Le monde agricole est aussi confronté au renouvellement générationnel rendu plus difficile par le niveau des investissements requis, « les banques ne sont pas là pour spéculer. Je suis de ceux qui pensent que les banques doivent revenir à leur métier de base et donc soutenir ceux qui comme les agriculteurs, créent des entreprises et des emplois », a conclu le ministre.
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