la lettre M

Haute-Garonne
|
Finances / Services
| 11/12/2020

Brink’s France va piloter une nouvelle activité depuis Toulouse

Si son image reste fortement liée à ses activités historiques de transport de fonds et d’approvisionnement des automates bancaires, Brink’s France est en train d’opérer un virage stratégique dont va bientôt bénéficier l’économie toulousaine. « Notre cœur de métier ne change pas mais face à une baisse structurelle de l’usage du cash, nous devons faire évoluer notre offre de services », explique à La Lettre M Patrick Lagarde, PDG de la filiale française de l’américain Brink’s. Lancée en 2014, la stratégie de diversification vise à positionner le groupe comme « un intégrateur de service dans l’écosystème du cash ». « Concrètement, notre objectif est de grimper dans la chaîne de valeur grâce à de nouvelles activités », résume le PDG. Parmi celles-ci : l’exploitation et la gestion d’automates d’encaissement, de retrait ou de dépôt d’espèces pour le compte de clients tels que le groupe BPCE. Ce contrat, signé en 2019, prévoit le rachat par Brink’s France de quelque 11 000 automates bancaires des réseaux Banque Populaire et Caisse d’Épargne pour en assurer l’infogérance.

26 000 automates gérés depuis Toulouse

« C’est dans ce contexte que nous avons pris la décision de créer, dans la zone industrielle Thibaud à Toulouse, un centre de compétence depuis lequel sera géré toute la data d’environ 26 000 automates (ceux du groupe BPCE, ceux d’autres banques à un moindre niveau de pilotage et des automates de commerçants, NDLR) », annonce Patrick Lagarde. Une enveloppe d’1,5 M€ est mobilisée pour le réaménagement de bureaux qui hébergeaient une activité de télésurveillance, gardiennage et sécurité cédée par Brink’s France l’an dernier. Au total, près de 70 emplois vont être créés l’an prochain sur des fonctions de support aux employés du groupe BPCE et aux équipes techniques sur le terrain et d’ingénierie financière (calcul du bon niveau d’approvisionnement des automates, affrètement du transport de fonds…). « Il y aura certainement quelques postes qui seront pourvus via des mutations internes mais 80 % des recrutements devraient se faire localement », annonce Patrick Lagarde, qui prévoit un lancement opérationnel de l’activité début 2022.

Un partenariat inédit avec l'Ariège

Sur le volet emploi, un partenariat a été signé le mois dernier avec le Département de l’Ariège et son Agence Ariège Attractivité pour faciliter le recrutement et l’installation des futurs salariés dans ce département. « D’une part, parce que je suis ariégeois, sourit Patrick Lagarde. Mais surtout parce que dans nos activités, le turn over est un ennemi. Sur les 4 000 salariés de Brink’s France (335 M€ de CA en 2019, NDLR), l’ancienneté moyenne est de 18 ans et nous tenons à cette stabilité de nos effectifs. D’où cette idée de se rapprocher de l’Ariège qui offre, à 30 min de notre futur centre, un cadre de vie propice à l’épanouissement des collaborateurs. Sans compter que le soutien à la ruralité fait partie des gènes de Brink’s France, dont l’activité ne se concentre pas que dans les grandes villes mais irrigue au contraire les territoires. » Et de conclure : « Un tel partenariat est une première pour nous mais ce n’est pas tous les jours que nous créons une nouvelle implantation de toute pièce comme nous sommes en train de le faire à Toulouse. »

Aline Gandy / gandy@lalettrem.net
Bloc Abonnement

La Lettre M sur votre bureau chaque mois, la newsletter quotidienne à 18h, toute l'actualité en temps réel sur lalettrem.fr, les magazines thématiques, le guide « Les Leaders, ceux qui font l’Occitanie », la référence des décideurs d'Occitanie