Blue Whale anticipe une année 2022 difficile mais rentable
Après une saison 2020-2021 très satisfaisante, Blue Whale, le groupement commercial de producteurs de pommes (et quelques autres fruits : poire, kiwi et raisin) s’attend à une campagne 2021-2022 plus difficile. Le groupe montalbanais qui rassemble 15 coopératives et 5 500 ha de vergers a clôturé son dernier exercice – en juin 2021 – avec un chiffre d’affaires de 310 M€. « C’est le plus haut chiffre d’affaires que l’on ait jamais réalisé », confie à La Lettre M Christophe Belloc, président de Blue Whale. Un résultat qu’il explique par des récoltes 2020 d’excellente qualité, quand l’Europe a vu ses volumes reculer. « Sur le segment du frais, nous avons bien vendu nos produits à haute valeur ajoutée comme le bio ou des variétés telles que Pink Lady. Le manque de volume a également fait grimper les prix sur le marché de l’industrie (pour les jus et compotes, NDLR). »
Hausse des coût des matières premières
Sur l’exercice suivant, Christophe Belloc s’attend à de moindres performances. « Les récoltes 2021 restent correctes en volume, mais le froid du printemps dernier a engendré beaucoup de petits calibres. Sur ce segment, la concurrence internationale va être forte », commente l’arboriculteur, qui indique que 40 % des récoltes ont déjà été vendues. « Le marché a été fluide jusqu'à présent, mais il y aura des lourdeurs en fin de saison », anticipe-t-il, assurant cependant que la campagne restera rentable.
Autre inquiétude pour la campagne en cours : la hausse des coûts. « Les palettes en bois ont augmenté de 30 %, le carton d’emballage a pris 15 à 20 % et le coût de l’envoi de marchandises par bateau a augmenté de 40 % », déplore Christophe Belloc. Depuis le début de la crise sanitaire, il constate que la logistique à l’export est restée très désorganisée : « Nous avons beaucoup de mal à trouver des conteneurs disponibles. »
Interdiction des stickers en plastique
À la hausse des coûts des matières premières et aux difficultés logistiques viennent s’ajouter, depuis début 2022, de nouvelles normes françaises plus coûteuses pour le groupement. « Les emballages mais également les stickers en plastique sont interdits. Ces derniers doivent désormais être compostables. Sauf qu’ils coûtent 30 à 40 % plus cher. » Des coûts que le groupement ne peut pas répercuter sur le prix de vente. « Nous sommes sur un marché mondial, et si l’on augmente nos prix, nos concurrents qui n'ont pas les mêmes contraintes réglementaires (la Pologne notamment, NDLR) viennent prendre nos marchés », explique Christophe Belloc qui reconnaît cependant que sur le marché national, les acteurs jouent le jeu. « La distribution a compris nos difficultés et elle accepte dans l’ensemble une légère hausse de nos prix. »
