Bijouterie précieuse : un Lozérien leader national
Le fabricant de bijoux Marcel Robbez Masson, basé à Mende (48), reprend Christian Bernard, son principal concurrent, à la barre du tribunal de commerce d'Évry (Essonne) pour « donner naissance au leader français de la bijouterie précieuse » (diamants, perles, argent, or…) et la consolider à l'échelle européenne, indique Frank Robbez-Masson, PDG, qui a repris l’entreprise de son père en 1985. Christian Bernard avait vu son activité s’effondrer lors des dix dernières années (CA divisé par trois), du fait d’erreurs stratégiques.
Marcel Robbez Masson s’appuie sur une maîtrise intégrale de la chaîne – acquisition de la matière brute, création, fabrication, stockage. La logistique, automatisée, permet d’expédier jusqu’à 1.500 paquets par jour. Christian Bernard, liquidé fin 2016, présente un profil complémentaire : « Christian Bernard, c’est un design reconnu mondialement, une créativité, un portefeuille de marques et un positionnement sur les bijoux empierrés », résume Frank Robbez-Masson.
Le FCDE (Fonds de Consolidation et de Développement des Entreprises), futur (en juin) actionnaire minoritaire de Marcel Robbez Masson, accompagne ce tour de table de 40 M€, à hauteur de 15 M€ en fonds propres et de 25 M€ par les partenaires bancaires du groupe. À l’issue de l’opération, le nouvel ensemble, qui va peser un CA d’environ 100 M€ - répartis équitablement entre les deux entités -, entend accélérer son volume de production, pour passer de 2 millions de produits/an (1,2 million pour Marcel Robbez Masson, 800.000 pour Christian Bernard) à environ 3,5 millions à partir de 2019.
Au terme de cette acquisition, les effectifs de Marcel Robbez Masson font plus que quadrupler, pour passer de 300 à 1.400 salariés. 200 se trouvent en France, avec deux sites de production à Mende et Maîche (25), une trentaine de commerciaux itinérants, et 45 personnes à Paris pour les services support. Les sites de Maîche et de Paris battaient pavillon Christian Bernard. À l’étranger, Marcel Robbez Masson, qui disposait de sites de production au Maroc et au Portugal, intègre celui du Vietnam - 1.000 ouvriers.
Cultivant une discrétion montagnarde absolue – ce métier fermé requérant la confidentialité -, Marcel Robbez Masson revendique aujourd’hui 3.000 clients en France : HBJO (horlogers-bijoutiers-joaillers-orfèvres), groupements d’indépendants, grands comptes. Son réseau de 25 boutiques franchisées So Or va gagner une dizaine d’unités dans les prochains mois. La part des ventes à l’export devrait progresser de 15 % aujourd’hui à 25 % dans deux ans. « Nous ouvrons un bureau à Hong Kong en fin d’année et allons intensifier notre présence sur les salons (Las Vegas, Tokyo, Bâle…), explique Frank Robbez-Masson. La tendance, dans la bijouterie, est à la concentration. Nous étudions d’autres cibles de croissance externe, le FCDE amenant son ingénierie financière et sa veille stratégique. »










