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Lozère
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Industrie
| 11/04/2017

Bijouterie précieuse : un Lozérien leader national

Le fabricant de bijoux Marcel Robbez Masson, basé à Mende (48), reprend Christian Bernard, son principal concurrent, à la barre du tribunal de commerce d'Évry (Essonne) pour « donner naissance au leader français de la bijouterie précieuse » (diamants, perles, argent, or…) et la consolider à l'échelle européenne, indique Frank Robbez-Masson, PDG, qui a repris l’entreprise de son père en 1985. Christian Bernard avait vu son activité s’effondrer lors des dix dernières années (CA divisé par trois), du fait d’erreurs stratégiques.
​Marcel Robbez Masson s’appuie sur une maîtrise intégrale de la chaîne – acquisition de la matière brute, création, fabrication, stockage. La logistique, automatisée, permet d’expédier jusqu’à 1.500 paquets par jour. Christian Bernard, liquidé fin 2016, présente un profil complémentaire : « Christian Bernard, c’est un design reconnu mondialement, une créativité, un portefeuille de marques et un positionnement sur les bijoux empierrés », résume Frank Robbez-Masson.
Le FCDE (Fonds de Consolidation et de Développement des Entreprises), futur (en juin) actionnaire minoritaire de Marcel Robbez Masson, accompagne ce tour de table de 40 M€, à hauteur de 15 M€ en fonds propres et de 25 M€ par les partenaires bancaires du groupe. À l’issue de l’opération, le nouvel ensemble, qui va peser un CA d’environ 100 M€ - répartis équitablement entre les deux entités -, entend accélérer son volume de production, pour passer de 2 millions de produits/an (1,2 million pour Marcel Robbez Masson, 800.000 pour Christian Bernard) à environ 3,5 millions à partir de 2019.
Au terme de cette acquisition, les effectifs de Marcel Robbez Masson font plus que quadrupler, pour passer de 300 à 1.400 salariés. 200 se trouvent en France, avec deux sites de production à Mende et Maîche (25), une trentaine de commerciaux itinérants, et 45 personnes à Paris pour les services support. Les sites de Maîche et de Paris battaient pavillon Christian Bernard. À l’étranger, Marcel Robbez Masson, qui disposait de sites de production au Maroc et au Portugal, intègre celui du Vietnam - 1.000 ouvriers.
Cultivant une discrétion montagnarde absolue – ce métier fermé requérant la confidentialité -, Marcel Robbez Masson revendique aujourd’hui 3.000 clients en France : HBJO (horlogers-bijoutiers-joaillers-orfèvres), groupements d’indépendants, grands comptes. Son réseau de 25 boutiques franchisées So Or va gagner une dizaine d’unités dans les prochains mois. La part des ventes à l’export devrait progresser de 15 % aujourd’hui à 25 % dans deux ans. « Nous ouvrons un bureau à Hong Kong en fin d’année et allons intensifier notre présence sur les salons (Las Vegas, Tokyo, Bâle…), explique Frank Robbez-Masson. La tendance, dans la bijouterie, est à la concentration. Nous étudions d’autres cibles de croissance externe, le FCDE amenant son ingénierie financière et sa veille stratégique. »

Hubert Vialatte
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