la lettre M

Hérault
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Commerce - Artisanat
| 30/08/2021

Bientôt la fin du projet commercial Oxylane (Decathlon) ?

Véritable serpent de mer, le projet de zone ludo-commerciale Oxylane* porté par l’enseigne Decathlon, à Saint-Clément-de-Rivière (34), a du plomb dans l'aile. « Le volet Oxylane doit être retiré du Plu (plan local d’urbanisme, ndlr) », conclut une récente enquête publique portant sur l’élaboration du Plu de la commune. Mandaté par la collectivité, le commissaire-enquêteur indique avoir retenu six observations favorables à Oxylane, contre 1 246 défavorables. Parmi celles-ci, la consommation excessive de terre agricole - dix-sept hectares - inhérente au projet. « Ceci va à l’encontre des efforts réels consentis dans le projet de Plu concernant les extensions urbaines consacrées à l’habitat », considère l’enquêteur. Il relève aussi « la pression économique (d’un tel projet) sur les entreprises locales du même secteur d’activité » ou encore « l’aggravation des conditions de circulation sur les voies d’accès ». Face à ces inconvénients, les impacts positifs potentiels d’Oxylane - la promesse de création d’emplois, non chiffrée à ce stade, et les retombées économiques - sont trop faibles et « illusoires », selon l'enquête.

Deux points noirs
Les opposants à Oxylane, eux, se frottent les mains. « On est confiant, oui ! », se réjouit Alain Berthet, vice-président de l’association de protection de l’environnement Non au béton. Certes, « les permis d’aménager et de construire ont été validés par le Conseil d’État. Decathlon a donc le droit de construire cette zone », concède-t-il. Toutefois, en pratique, la situation se complique. « Pour réaliser les travaux nécessaires sur le site, il faut aménager des voies d’accès depuis les routes départementales D127E3 et D986, précise Alain Berthet. Cette opération a intialement fait l’objet d’une convention tripartite entre le CD34, la commune de Saint-Clément-de-Rivière et Decathlon. Seul hic : cette convention est désormais caduque notamment parce que la compétence des travaux de voirie a été transférée du CD34 à la Métropole de Montpellier », détaille Alain Berthet. Par ailleurs, la vente des terrains à Decathlon n’est pas encore actée. Comme le préconise l'enquête publique, Alain Berthet espère que la Commune en profitera pour reclasser ces parcelles en zone naturelle ou agricole, de façon à pouvoir les préempter. Ce qui gèlerait de facto le projet Oxylane. À suivre.

*En plus de Decathlon, Oxylane est censé accueillir d’autres enseignes dont Truffaut, et O'Terra pour une surface de plancher d’environ 35 000 m².

Stéphanie Roy / roy@lalettrem.net
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