la lettre M

Languedoc-Roussillon
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Finances
| 1/06/2021

Au ralenti depuis un an, les fusions-acquisitions redémarrent fort

Fusion en cours entre les chocolatiers Cémoi (66) et le belge Sweet Products, rachat d’Annealsys et Kemstream (fours industriels, 34) par l’isérois ECM Technologies, passage du maroquinier gardois Bleu Cerise sous pavillon chinois... Au point mort en 2020 (- 20 % sur un an, selon le cabinet In Extenso Finance & Transmission), les opérations de fusion-acquisition (fusac) se multiplient depuis quelques mois en Occitanie Est. « Et cela devrait continuer dans les six mois à venir », prédit Bertrand Chaboussou, associé M&A transaction services chez Deloitte Sud-Ouest. Cet attentisme lié à la crise a créé un « goulet d’étranglement », analyse l’expert. Résultat : « beaucoup de liquidités sont désormais disponibles », note Me Jean-Charles Simon, associé-gérant du cabinet d’avocats Simon associés (Paris, Lille, Lyon, Montpellier et Nantes).

REPOSITIONNEMENT STRATÉGIQUE

Autre explication de ce rebond des fusac, la pandémie, qui incite les entreprises à repenser leur stratégie. « Certains groupes ont engagé des opérations de “carve-out“ (détourage), explique Bertrand Chaboussou. Cela consiste à céder des activités moins porteuses pour se recentrer sur les cœurs de métier. » Retenant les leçons de la crise, d’autres entités, à l’instar d’Airbus dans l’aéronautique, incitent leurs fournisseurs à se rapprocher dans le but de consolider la chaîne d’approvisionnement. Restent bien sûr les entreprises frappées de plein fouet par la crise de la Covid-19. L’enseigne de bagagerie Bleu Cerise (groupe Mouchet-Bury) a vu son chiffre d’affaires 2020 divisé par deux pour finir à 12 M€ à sa clôture en mars. Dos au mur, les dirigeants ont dû céder plus tôt que prévu l’inté- gralité de leurs parts à leurs actionnaires chinois. Toutefois, tant que les aides gouvernementales sont maintenues, bon nombre d’entreprises préfèrent attendre de voir si elles réussiront à passer ce cap seules, explique Thierry Charlet, associé-fondateur du cabinet de conseil Advisio (34). « Nous estimons qu’il y a actuellement huit projets à l’achat et seulement deux à la vente », confirme l’avocat Jean-Charles Simon.

INÉGALITÉS SECTORIELLES

Sur le plan sectoriel, Bertrand Chaboussou relève un attrait marqué pour les secteurs répondant à des besoins “primaires”, à l’image de l’agroalimentaire et de la santé. A contrario, les perspectives dans le tourisme et l’hôtellerie sont moins évidentes. « Les acteurs dont la clientèle est française, voire euro- péenne, commencent à bénéficier d’une reprise assez nette, constate l’expert. Tandis que ceux reposant sur une clientèle internationale souffrent toujours. » Ces derniers, selon qu’ils soient acheteurs ou ven- deurs, sont donc susceptibles d’ajourner leur projet de fusac. D’autres, trop mal en point, risquent même d’être contraints de céder leur activité à des conditions défavorables. « Je suis très sollicité pour investir et acheter d’autres établissements », confirme Thomas Constantin, directeur de la divi- sion hôtellerie-restauration du groupe héraultais Clinipole, qui craint même « une hécatombe dans l’hôtellerie ».

Stéphanie Roy / roy@lalettrem.net
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