Airbus affiche une perte nette de 1,1 Md€ en 2020
Le groupe toulousain Airbus publie le 18 février des résultats 2020 reflétant directement l'impact de la crise sur ses activités. Sans surprise, c'est un chiffre d'affaires consolidé en chute libre (- 29 %) qui a été enregistré par le géant aéronautique et spatial, avec 49,9 Md€ en 2020, contre 70,5 Md€ en 2019. Son Ebit ajusté consolidé se porte sur la période à 1,7 Md€. Une forte baisse, puisqu'il s'élevait l'année précédente à 6,9 Md€. Quant à sa perte nette consolidée, elle s'établit à – 1,1 Md€. Un trou d'air directement lié à la crise sanitaire et à ses effets collatéraux sur le trafic aérien. « Les résultats 2020 démontrent la résilience d'Airbus dans la crise la plus sévère qu'ait connu l'industrie aérospatiale », estime néanmoins Guillaume Faury, président exécutif.
Des commandes et des livraisons en chute libre
L'an dernier, Airbus a ainsi enregistré 268 nouvelles commandes d'avions commerciaux (contre 768 en 2019), ce qui porte son carnet de commandes global à 7 184 appareils. La chute a été plus mesurée côté hélicoptères, avec 268 commandes fermes, contre 310 l'année précédente. Enfin, sur le marché du spatial et de la Défense, le géant européen a bondi de 39 %. Tous marchés confondus, les prises de commandes consolidées se sont portées à 33,3 Md€, contre 81,2 Md€ en 2019. En 2020, le groupe a livré 566 avions commerciaux - contre 863 en 2019 -, dont 38 A220, 446 de la famille A320, 19 A330, 59 A350 et quatre A380. Là encore, les marchés des hélicoptères (+ 4 %) et, dans une moindre mesure, du spatial et de la Défense (- 4 %) se sont mieux portés en termes de chiffre d'affaires.
Côté investissements, Airbus a été contraint de faire des choix. En 2020, le groupe toulousain a ainsi injecté 1,8 Md€ dans ses outils et process industriels, soit environ 600 M€ de moins que l'année précédente, « suite à une priorisation des projets », précise-t-il. Sa position de trésorerie nette s'élève au 31 décembre 2020 à 4,3 Md€, contre 12,5 Md€ fin 2019.
Prudence pour 2021
« Compte tenu de l'environnement commercial mondial, aucun dividende ne sera proposé pour 2020 », précise Airbus, qui s'est fixé pour 2021 un objectif prudent : livrer le même nombre d'avions commerciaux qu'en 2020. « De nombreuses incertitudes demeurent dans notre industrie en 2021 alors que la pandémie continue d'avoir un impact sur nos vies, nos économies et nos sociétés », relève Guillaume Faury. Néanmoins, au-delà de cet « environnement instable », le groupe entend, à plus long terme, « conduire le développement d'une industrie aérospatiale mondiale durable ».
