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Agrément retiré : près de 300 emplois menacés chez Spanghero
L’usine du fabricant de plats cuisinés à base de viande et grossiste en viandes Spanghero, au cœur du scandale de la viande de cheval, était à l’arrêt ce matin, à Castelnaudary. L'entreprise, qui a « perdu tous ses clients », selon le directeur commercial, a placé ses 300 salariés (dont 250 permanents) au chômage technique. Hier soir, le ministre de la Consommation, Benoît Hamon a annoncé, après une enquête de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), que Spanghero s'était rendue coupable d'une « tromperie économique » et serait poursuivie. Selon le ministre, elle aurait sciemment acheté de la viande de cheval roumaine, avant de la faire passer pour de la viande de bœuf, puis de la revendre comme telle pour l’intégrer dans des plats cuisinés fabriqués par Comigel, fournisseur de Findus. L’agrément de l’établissement « À la table de Spanghero » a été suspendu, selon un communiqué du préfet de l’Aude, Eric Freysselinard, publié hier soir. Le préfet précise qu’« une levée totale ou partielle de cette suspension interviendra dès lors que les investigations complémentaires en cours auront permis d’écarter tout doute quant à la sécurité des consommateurs. »
« Imprudent »
« Le ministre Benoit Hamon a été très léger et s'est montré extrêmement imprudent », a rétorqué ce matin le dirigeant de Spanghero, Barthélémy Aguerre, interviewé par l’AFP. « Il met en danger 300 personnes qui travaillent chez Spanghero sans aucune preuve. Pour retirer un agrément, il faut un danger sanitaire. Là, il n'y en a pas. » Interviewé par La Lettre M à Castelnaudary ce matin, le directeur commercial et marketing de Spanghero, Christophe Giry, affirme que l'entreprise a « été piégée. Nous avons passé des commandes de boeuf. Nous avons été trompés à notre insu. Il n'y a pas eu de ré-étiquetage. On traite 20 000 t de viande par an. Ce qu'on nous reproche (750 t, NDLR), c'est moins d'1 % ». Selon Benoît Hamon, la tromperie aurait permis à Spanghero d’engranger 500 000 € de bénéfice, alors que l’industriel risque une amende de 187 000 €.
Abasourdis
Ce matin, à Castelnaudary, les quelques salariés acceptant de témoigner se disent abasourdis par la nouvelle. « Jamais nos collègues ne nous ont parlé d’une triche sur l’étiquetage », avance l’un d’eux. Dans les rues de Castelnaudary, personne non plus ne blâme les salariés de l’entreprise, qui emploie ici quelque 300 personnes, ce qui en fait le premier employeur du bassin. Vers 9h30, avant la tenue du comité d’entreprise extraordinaire, Claude Hill, délégué du personnel CFDT, fait son apparition. Il ne travaille pas dans l’unité grossiste de viande incriminée mais dans une autre partie du site, travaillant à l’élaboration de plats préparés. Lui aussi avoue tomber des nues. « Je suis en colère contre les gens qui ont fait ça dans l’entreprise mais aussi contre le ministre. Avant de prendre une sanction, on doit réfléchir aux conséquences. J’espère que la suspension est temporaire et qu’elle ne sera pas définitive. » Selon le PDG, Barthélémy Aguerre : « il faut qu'on récupère notre agrément lundi, si possible, pour avoir la confiance de nos clients ».










