Actia subit la crise des composants
Déjà fragilisée par la crise sanitaire à l’origine d’une baisse de 15,7 % de son chiffre d’affaires 2020 (438,5 M€), Actia Group fait face à de nouvelles difficultés liées à la pénurie mondiale de composants électroniques (microconducteurs, microprocesseurs…). Spécialisée dans la conception et la fabrication de systèmes embarqués électroniques et d’équipements de télécommunications, l’ETI toulousaine (3 718 salariés) n’exclut pas en effet un arrêt momentané de certaines de ses lignes de production au second trimestre et des retards de livraison. « L’activité de fabrication d’équipements électroniques dans le domaine des télécommunications – 35 % de notre CA - est particulièrement impactée par la baisse de la production et la hausse de la demande. Endommagée par une tempête, l’usine texane de NXP - l’un des principaux fournisseurs mondiaux – a été fermée du 9 février au 11 mars et l’activité des industriels taiwanais (70 % de la production mondiale, NDLR) est ralentie par la sécheresse que connaît ce pays. De fait, les livraisons effectives de composants ne représentent plus que 5 % de nos commandes fermes », explique Jean-Louis Pech, PDG.
Cellule de crise
Pour faire face à ces difficultés d’approvisionnement, l’entreprise a activé une cellule de crise dédiée qui lui a permis de remonter progressivement ce taux de livraison à près de 50 %. « L’objectif est de limiter l’impact de cette pénurie pour nos clients. Ces tensions sur les matières premières nous conduisent cependant à augmenter nos tarifs et à renégocier des contrats en cours », poursuit le dirigeant qui table sur un retour à la normale à l’issue du premier semestre. Actia Group, qui a réduit ses effectifs de près de 200 personnes en un an, prévoit de retrouver un niveau d’activité comparable à celui de 2019 dès cette année. « Malgré la crise, notre carnet de commandes se remplit. Et nous déployons de nouveaux relais de croissance pour consolider notre activité en maintenant nos investissements dans l’innovation. Par ailleurs, nous souhaitons bénéficier des programmes de relance gouvernementaux pour un accompagnement d’environ 8 M€ sur deux à quatre ans », souligne Jean-Louis Pech. Actia Group a déjà obtenu un PGE (prêt garanti par l’État) de 41,4 M€ et des reports d’échéances d’emprunts pour un montant total de 16,2 M€. « Ces aides ont permis de contrôler notre endettement et d’anticiper nos besoins en trésorerie pour ne pas freiner le retour de la croissance », indique Catherine Mallet, directrice générale déléguée.
