Accompagné par France Relance, Deinove cherche des fonds
La biotech industrielle Deinove (54 salariés, cotée sur Euronext, Grabels) est lauréate du plan France Relance. À ce titre, elle décroche une subvention qui devrait osciller entre 500 et 800 k€, destinée à soutenir le projet Boost-ID estimé à plus d’1 M€ au total. Lors de la visite du préfet de l’Hérault, Jacques Witkowski, dans ses locaux, le 9 mars, Alexis Rideau, directeur général de Deinove, expose, en détails, les enjeux de Boost-ID : « C’est un accélérateur dans l’identification d’antimicrobiens. » Concrètement, il a pour objectif l’industrialisation d’une technologie, la microfluidique en gouttes, permettant le criblage à très haut débit de bactéries, « jusqu’à un million par heure », souligne le dirigeant. La plateforme de microfluidique devrait être opérationnelle d’ici à la fin de l’année. Boost-ID s’inscrit dans le prolongement du programme de R&D Deinodrop développé par Deinove et l’École supérieure de physique et de chimie industrielles (ESPCI), et financé par l’Agence nationale de recherche. « Boost-ID permettra d’augmenter le rendement actuel de la plateforme tout en réduisant ses coûts, notamment au niveau des réactifs et des matières plastiques », indique Alexis Rideau.
À la recherche de fonds
Pour autant, l’aide financière apportée par France Relance ne suffira pas à répondre aux besoins de Deinove. La recherche d'autres financements se poursuivra en 2021 pour assurer le développement des prochains candidats-médicaments issus de la Boost-ID. « Depuis 2006 (date de sa création, NDLR), Deinove a levé environ 60 M€ d’investissements privés. Actuellement, deux actionnaires historiques - Truffle Capital et TVM Life science ventures - détiennent chacun environ 6 % du capital. Notre part de “flottant“ est importante, ce qui nous fragilise, confie Alexis Rideau. Il nous manque un actionnaire structurant, un partenaire stratégique. »
Actuellement, Deinove a quatre produits dans le “pipeline“, c’est-à-dire en développement. Le plus avancé, est la molécule DNV3837 ciblant le clostridium difficile (pathogène contractée lors de la prise abusive d’antibiotiques). Ce candidat-médicament est en phase 2 de son étude clinique. La DNV3837 est aussi évaluée, en phase préclinique, pour cibler l’anthrax et la tularémie. « Les essais cliniques sont conduits aux États-Unis, ce qui rend le suivi compliqué ne serait-ce qu’en raison du décalage horaire », pointe Alexis Rideau, qui serait ravi de voir ces tests réalisés en France.
