9 M€ investis à l’aéroport de Toulouse Francazal d’ici à 2023
Avec 2 980 mouvements d’avions en 2020, l’aéroport de Toulouse Francazal voit son trafic régresser de 14 % par rapport à l’année précédente. Rien de comparable avec la chute inédite de fréquentation (- 67 %) enregistrée par son voisin de Toulouse Blagnac. « Nos difficultés restent modestes », admet Sabine Monties, directrice d’exploitation de l’infrastructure. Et de souligner néanmoins le caractère atypique de Toulouse Francazal dans le paysage aéroportuaire français : « Nous n’accueillons pas d’aviation commerciale ni d’aviation de loisirs à Francazal, dont le trafic moyen habituel se situe autour de 3 500 mouvements d’avions par an. » Un trafic quasi stable depuis que l’État a confié en 2014 l’exploitation et le développement de l’aéroport pour 45 ans à la Setfa (société d’exploitation de Toulouse Francazal Aéroport), dont sont actionnaires le groupe Edeis (51 %) – son gestionnaire -, la société Aéroport Toulouse Blagnac (39 %) et la CCI de Toulouse (10 %).
Une extension de 60 000 m2
Située sur les communes de Cugnaux et Portet-sur-Garonne, l’ancienne base aérienne militaire 101* voit aujourd’hui ses infrastructures et son parc immobilier occupés par l’armée, la gendarmerie, des industriels de l’aéronautique (ATR, Tarmac Aerosave, Aura Aero…), des compagnies d’aviation d’affaires ainsi que des opérateurs évoluant dans le domaine des transports autonomes, tels qu’EasyMile ou Hyperloop TT. « L’objectif n’est pas de multiplier les mouvements d’avions en accueillant de nouvelles activités mais plutôt d’accompagner nos clients dans leurs développements, en leur proposant des services supplémentaires », résume Sabine Monties, qui annonce un programme de 9 M€ sur la période 2021-2023. Celui-ci comprend des travaux réguliers d’entretien du parc domanial mais aussi une extension de 60 000 m2 de l’aire de trafic nord, dont les travaux devraient débuter cet été. « Certains de nos clients industriels ont des projets de diversification dans le secteur MRO (maintenance, réparation et révision), qui nécessitent de pouvoir stationner des appareils supplémentaires dans l’enceinte de l’aéroport », confie Sabine Monties, discrète sur les projets des entreprises basées à Francazal.
Entretenir et maîtriser la dynamique
Côté aviation d’affaires, un hangar dédié de 1 000 m2 devrait être construit à horizon 2023. « Une étude d’impact économique est également en cours pour déterminer la typologie des 350 à 400 collaborateurs qui travaillent à l’heure actuelle à Francazal et leurs attentes en termes de services, de restauration par exemple, annonce Sabine Monties. L’an dernier, malgré la crise sanitaire, plusieurs entreprises parmi la trentaine qui sont hébergées ont accueilli de nouveaux salariés. Conséquence de cette dynamique, notre foncier disponible diminue. D’où notre travail, en connexion étroite avec les agences d’attractivité et de développement du territoire, pour entretenir cette dynamique et la maîtriser. »
* L’ancienne base aérienne 101 se décompose en trois zones : au nord, 60 ha affectés à l’armée ; au centre, 170 ha exploités par la Setfa ; au sud, 38 ha vendus par l’État à Toulouse Métropole, qui veut y développer un écosystème des mobilités du futur.
