Thierry Logre, Jérodia

17/11/2020

Pour Thierry Logre, président des Laboratoires Jérodia, spécialisés dans la formulation et la production de produits cosmétiques bio et de compléments alimentaires (186 salariés en France et 20 à l'étranger, CA 2019 consolidé monde : 28 M€, siège à Mercuès – 46), la fermeture des instituts esthétiques, considérés par le gouvernement comme des commerces « non essentiels », est un scandale. « Cette terminologie est humainement détestable, assure-t-il à La Lettre M. C'est destructeur de motivation, d'ambition, de volonté de faire. Tout le monde est essentiel à l'équilibre général ! Cette classification est technocratique, égocentrée. Et au-delà de l'atteinte psychologique, les conséquences sont évidemment aussi économiques. Quelle injustice ! »

Une baisse d'activité de 20 % en France
Thierry Logre dénonce la fragilisation d'un tissu artisanal et commerçant dont l'activité même est tournée vers le soin et l'hygiène. « On dit à des professionnels, qui ont pris toutes les mesures sanitaires demandées, de baisser le rideau, déplore-t-il. Ces personnes ont des engagements, des familles. Elles ont fait d'énormes efforts. Ce choix n'est ni logique ni équilibré. » Pour Jérodia, la crise sanitaire – et en particulier le confinement – est synonyme de baisse d'activité. « Mes clients ne travaillent pas, donc je ne produis pas, résume le dirigeant. Bien sûr, je les accompagne dans le montage d'initiative de type click and collect, mais cela ne remplacera jamais la prestation de service de l'esthéticienne. » Le groupe, qui s'appuie sur plusieurs filiales (lire ci-dessous), devrait enregistrer une baisse de chiffre d'affaires d'environ 20 % en France cette année. L'activité à l'export devrait en revanche demeurer globalement stable, grâce à des marchés en croissance, comme la Chine. « 80 % de nos salariés sont placés en activité partielle, explique Thierry Logre. Je ne suis cependant pas inquiet quant à la pérennité de l'entreprise, qui est gérée de façon saine. Nous avons bénéficié d'un PGE, mais pour l'heure, nous n'y touchons pas. Nos dettes sont totalement assumables. » Le groupe va lancer en janvier 2021 la commercialisation, sous la marque Gamarde, d'une gamme de produits biocides 100 % d'origine végétale.

Un groupe, plusieurs filiales
Les Laboratoires Jérodia commercialisent leurs produits dans une quarantaine de pays en Europe, Asie et sur le continent américain. Le groupe dispose, via sa filiale Laboratoires Phyt’s Productions, de deux sites industriels, à Caillac (cosmétique) et à Crayssac (poudres et savons). Jérodia intègre d’autres filiales : Laboratoires Phyt’s (Caillac), dédiés à la commercialisation des produits Phyt’s, notamment auprès des instituts de beauté, les laboratoires dermatologiques Gamarde (cosmétique bio, Mercuès), Jérodia Services (direction générale, fonctions supports, service R&D, Mercuès et Alénya - 66) et l’Institut Jérodia (compléments alimentaires, Crayssac). Le groupe exploite également depuis 2012 la marque Françoise Morice (instituts de beauté et cosmétiques).

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