La Lettre M

L’IA toulousaine veut compter

Les faits: 

L’association Toulouse is AI s’est réunie pour la première fois le 3 avril à Toulouse pour présenter le projet Aniti (Institut toulousain d’intelligence artificielle et naturelle). Pré-sélectionné parmi 12 candidats, ce dernier va passer l’oral final devant un jury international le 11 avril. L’enjeu : obtenir la création d’un institut interdisciplinaire d’intelligence artificielle, spécialisé à Toulouse dans l’intelligence artificielle (IA) hybride.

L'analyse: 

Qui de Grenoble, Paris, Nice ou Toulouse sera sélectionné avant l'été par le jury international ? Tous potentiellement, car l'objectif est de mettre en place un réseau d'instituts aux thématiques propres. Dans le cas toulousain : les transports, la santé et l'environnement. « Rien n'est joué », estime avec prudence Mohamed Kaaniche, directeur de recherche au Laboratoire d’analyse et d’architecture des systèmes (Laas-CNRS) et directeur opérationnel du projet Aniti.

Si tout se passe bien, l'institut toulousain verra le jour en septembre. Sa spécificité : l'IA hybride « un champ d'études - prometteur - qui commence à être exploré » et qui « combine les techniques d’apprentissage automatique à partir de données et des modèles permettant d’exprimer des contraintes et d’effectuer des raisonnements logiques », selon Mohamed Kaaniche. Cette nouvelle génération d’intelligence artificielle devrait permettre « d’apporter de meilleures garanties en termes de fiabilité et de capacité d’expliquer et d’interpréter les résultats des algorithmes utilisés, tout en veillant à l’acceptabilité sociale et la viabilité économique, selon le projet Aniti. 

L'institut devrait disposer d'un budget de 20 M€ par an pendant quatre ans, financé par l'État, une trentaine de partenaires industriels (Airbus, Thales, Continental, Renault, Pierre Fabre...), des établissements universitaires, des organismes de recherche scientifique et technologique (Cnes, CNRS, Inra, Insem, Météo France, Onera...), et des collectivités locales. Transports autonomes, maintenance prédictive, aide à la décision, robotique industrielle, médecine préventive, agriculture numérisée et gestion optimisée des ressources : les sujets de recherche croisés ne manquent pas. « Il y a un manque de confiance entre universitaires et industriels, mais il y a certaines avancées, notamment depuis six mois sur ce projet », apprécie Jérôme Vicente, professeur d'économie, directeur de recherche au Lereps à Toulouse et partie prenante du dossier. Ambition affichée du consortium : créer une centaine de start-up spécialisées en IA d'ici à 2023. 

Coordonné par Aniti, cet écosystème sera co-animé par le collectif Toulouse is AI (Toulouse est intelligence artificielle), piloté par l'espace de travail partagé toulousain At Home, qui a remporté l'appel d'offres lancé par la Région. Ateliers, conférences et rencontres sont au programme, ainsi qu'un événement d'envergure nationale autour de l'IA.

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