La Lettre M

L'agriculture bio est-elle performante ?

Les faits: 

Avec 6.495 exploitations en bio et 329.658 ha cultivés (11,5 % de la surface agricole nationale), la région Occitanie occupe le 1er rang national en SAU et en production. En 2015, le marché du bio représentait 5,76 Md€ en France. Un chiffre en progression de 14,7 %. Les agriculteurs bio en tirent-ils profit ?

L'analyse: 

Dans une étude présentée pour la première fois le 6/6 au salon Innov Agri (Ondes - 31), Cerfrance Midi-Pyrénées et la chambre d’agriculture d’Occitanie analysent les résultats de 108 exploitations de la région (principalement du Gers et de Haute-Garonne), dont une moitié bio, entre 2011 et 2014. Si le passage au bio induit une baisse des rendements des céréales de 30 à 50 % selon les années, cette diminution de la production est en partie compensée par les prix de vente et par les aides. « Il ne faut pas trop compter dessus car l'État les verse en retard, nuance Robert Vaisse, agriculteur du Tarn-et-Garonne converti au bio cette année. Celles de 2015 devraient arriver en cette fin d'année... »
D'après l'étude, la conversion en bio nécessite des investissements matériels induisant une hausse des charges de mécanisation. Les cotisations salariales augmentent de 34 € par hectare, car le besoin en main-d’œuvre est plus important qu'en conventionnel. En revanche, la réduction drastique de l’usage de produits phytosanitaires et d'engrais permet de diviser par deux les charges opérationnelles (233 €/ha, contre 414 €/ha dans le conventionnel).
Sur l’échantillon observé, la santé financière des exploitations bio s’est globalement maintenue, voire améliorée, tandis que celle des exploitations conventionnelles s’est nettement dégradée, après des campagnes difficiles en 2013 et 2014. « Les exploitations en grandes cultures bio sont plus résilientes et bénéficient de résultats économiques plus stables que leurs consœurs conventionnelles. L'efficacité économique peut atteindre 46 % en bio contre 26 % en conventionnel », remarque Elisa Delporte, chargée de l'étude à Cerfrance Midi-Pyrénées. « Mon chiffre d’affaires prévisionnel est de 100 k€ en 2018, contre 50 k€ auparavant », témoigne ainsi Robert Vaisse, qui cherche à présent à obtenir des labellisations bio suisse et allemande pour exporter sur ces marchés. Se convertir au biologique n'est toutefois pas la recette miracle pour augmenter ses résultats. « Il faut une technicité agronomique et commerciale, optimiser les charges, trouver un équilibre entre la surface et l’équipement. De plus, l'irrigation peut être un avantage », conclut Elisa Delporte.

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