La reconversion des sportifs
Le Toulouse Football Club (TFC) et Pôle emploi Occitanie signent, le 30/11, une convention régionale de partenariat pour faciliter la recherche d’emploi, l’orientation, la formation et la réorientation professionnelle au sein du club professionnel. Une première en France.
Les joueurs professionnels ? « Un public qui se préoccupe de sa reconversion très tard et pour qui cela est source d’anxiété », analyse Serge Lemaître, directeur régional de Pôle emploi Occitanie. D’où l’importance selon lui de pouvoir s’adresser à « des interlocuteurs dédiés, qui connaissent leurs problématiques de sportifs et qui savent les aider à mettre en avant leurs compétences. » Pôle emploi met donc à disposition du TFC les ressources du pôle sport de son agence de Toulouse Saint-Michel pour l’épauler dans ses démarches de recrutement et de reclassement.
Un besoin d’accompagnement renforcé qui se fait sentir dans tous les milieux sportifs professionnels car « il est difficile, voire impossible, de mener de front carrière sportive de haut niveau et formation », estime Eva Roche, directrice du Collectif Shapers (Montpellier). En avril 2017, Shapers devrait former « une vingtaine de sportifs de la région qui, achevant leur carrière, n’ont rien prévu pour la suite. Nous travaillerons beaucoup sur le transfert de compétences. Les profils d’anciens sportifs sont particulièrement appréciés dans les métiers commerciaux. » L’Agence XV (créée en 2004 à Toulouse par les instances professionnels du rugby pour accompagner les joueurs dans leur reconversion) vient ainsi de nouer un partenariat avec Toulouse Business School pour créer une formation dans le commerce qui soit compatible avec les entraînements des rugbymen. Mais, en dehors du foot et du rugby, rares sont les instances sportives qui prennent les devants. « J’ai passé 16 ans en D1 (dont 13 à Toulouse, NDLR) et 9 ans en équipe de France sans me poser la question de l’après et personne ne l’a fait pour moi », témoigne l'ancien handballeur Christophe Kempé que son palmarès (vainqueur de la Coupe de France 1998, champion d'Europe 2006, champion olympique 2008 et champion du monde en 2009) n'a pas protégé du chômage. « Ça m'a ramené à la réalité », avoue-t-il, s'occupant désormais du développement commercial d'une société de nettoyage industriel en région toulousaine.
