Emploi : Toulouse et Montpellier se développent en solo
Le développement des métropoles de Toulouse et Montpellier profite-t-il aux territoires voisins ? Non, à en croire une étude publiée en novembre par France Stratégie (laboratoire d’idées public rattaché au Premier ministre) et le Commissariat général à l’égalité des territoires (CGET). « Entre 1999 et 2014, l’emploi a progressé en moyenne de 0,8 % par an sur l’ensemble du territoire contre + 1,4 % dans les zones d’emploi des 12 plus grandes métropoles. Ces dernières ne sont pour autant pas toutes logées à la même enseigne », apprend-on dans ce document. Contrairement à Lyon, Nantes ou Marseille par exemple « qui partagent leur dynamique d’emploi avec leurs périphéries », les métropoles de Lille, Toulouse et Montpellier « se développent en relatif isolat, sans effet d’entraînement visible sur les territoires voisins », affirme l’étude.
Reste à comprendre pourquoi les métropoles françaises connaissent des situations si contrastées. « Les secteurs dynamiques sont, à Toulouse comme à Montpellier, localisés au sein des métropoles, tandis que les zones contiguës sont sur des spécialisations moins porteuses en termes d’emploi », explique à La Lettre M Vincent Aussilloux, directeur du département économie de France Stratégie, indiquant qu’« entre 1999 et 2014, Montpellier et Toulouse sont les deux métropoles (sur les 12 étudiées, NDLR) qui créent le plus d’emplois, avec une croissance annuelle moyenne de 2,3% pour chacune. Montpellier est passée de 192.000 emplois en 1999 à 271.000 en 2014 (+ 40,6%) et Toulouse de 455.000 à 636.000 sur cette même période (+ 39,9%) ». Pour lui, la composition sectorielle de l’économie ne suffit toutefois pas à expliquer cette situation. « Il ne faut pas négliger les spécificités locales – offre en formation, en infrastructures, politique d’attractivité des entreprises par exemple - qui jouent beaucoup en termes de dynamique d’emploi », résume Vincent Aussilloux.
Et d’ajouter : « L’OCDE, qui a beaucoup travaillé sur ces questions, estime que l’un des déterminants majeurs de la croissance d’un territoire est sa capacité à mettre ses acteurs en coopération plutôt qu’en compétition. » Un point à creuser dans le cadre des études complémentaires qui seront engagées en 2018 pour « mieux identifier les déterminants de la dynamique métropolitaine et de la capacité d’entraînement des métropoles ».
