La Lettre M

Agences départementales : quel avenir ?

Les faits: 

Impact de la loi NOTRe : l'arrêt par les Départements du financement des agences départementales de développement économique, à partir de fin 2016. Quel impact en grande région ? 

L'analyse: 

Le paysage des agences départementales de développement économique est très disparate : l'Hérault et la Haute-Garonne n'en ont pas. Mais il y a Lozère Développement, Invest In Gard, Ariège Expansion, le CDDE 65, Aveyron Expansion, ADE82... Et, « parfois, le Département est le seul financeur, parfois les CCI cofinancent... Et les EPCI peuvent réclamer la compétence », ajoute Nadia Pellefigue, vice-présidente de la Région LRMP déléguée au développement économique. Un tableau hétéroclite qui rend « l'enjeu du devenir de ces agences compliqué ». Si la Région LRMP « n'a pas la capacité financière de prendre l'ensemble des salaires », l'exécutif régional « souhaite maintenir un lien de proximité. Dans une région aussi grande, il est important de mailler le territoire en finesse, à l'échelle du bassin d'emploi ». 
Dans les agences, « c'est l'expectative », résume Valentine Wolber, directrice d'Invest In Gard. Signe fort : Hubert Calmettes, directeur d'Aveyron Expansion depuis 13 ans, rejoint en avril la nouvelle agence d'attractivité de Toulouse Métropole. « Les agences départementales doivent réfléchir à de nouveaux partenariats, avec les CCI, les EPCI, la Région. Mais on ne peut pas, à ce jour, contractualiser des choses, puisqu'on n'a rien à proposer », relève Valentine Wolber. Ariège Expansion (15 salariés) et le CDDE 65 (10 salariés) travaillent à un rapprochement. La future entité pourrait même s'étendre « sur l'Aude et les Pyrénées-Orientales, dépourvues d'agences départementales. Nous avons la chaîne des Pyrénées en commun, avec des problématiques communes : développement du tourisme et d'une agriculture de qualité, économie résidentielle », résume Jean-Philippe Baklouti, président du CDDE 65 et, au niveau national, de l'UCCAR (union des cadres et collaborateurs de l'action régionale). Pour une transition en douceur, « on essaie de faire porter un amendement par le ministère du travail pour permettre aux Départements de poursuivre les financements en 2017 à hauteur de la moitié de ce qu'il étaient en 2016, confie M.Baklouti. Les nouveaux EPCI issus des commissions départementales de coopération intercommunale ne seront en effet opérationnels qu'au 1er janvier. Ce qui veut dire que les nouvelles intercommunalités ne pourront pas contribuer au budget 2017 des agences. » Pour complexe qu'il soit, ce chantier naissant génère des espoirs. « C'est une page blanche qui s'ouvre. L'écrire permettra de nouer des liens plus étroits avec la Région, d'imaginer de nouveaux modèles et d'harmoniser nos actions », conclut Valentine Wolber.

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