En phase de stabilisation après des années d'euphorie, Irrijardin maintient de fortes ambitions
Le groupe haut-garonnais Irrijardin, qui anime un réseau de 140 points de vente spécialisés dans les piscines, spas et systèmes d’arrosage, identifie « une centaine de nouvelles villes où se déployer en France ». Ses ambitions ? « Ouvrir dix magasins franchisés par an », indique à La Lettre M Sophie Gucciardi, directrice RH et développement franchise. Une feuille de route qui s’inscrit dans un contexte de stabilisation pour le groupe. « Au cours des cinq dernières années, le marché a bondi de 74 %, avec une hypercroissance entre 2020 et 2022, pendant la période Covid, explique la dirigeante. Mais en 2023, nous avons enregistré un recul de 3,5 %, avec 129 M€ de chiffre d’affaires. Cette année, nous devrions nous stabiliser. »
Un marché désormais « plus classique »
Cette baisse du chiffre d’affaires cumulé de son réseau, Irrijardin l’explique par plusieurs facteurs. « Tout d’abord, nous partions de très haut, après des années de très forte croissance, argumente Sophie Gucciardi. En 2022, nous avons en effet enregistré 134 M€ de CA, contre 84 M€ en 2019, avant le Covid. » L’explication est simple : durant la crise sanitaire et à la faveur des confinements successifs, de nombreux Français se sont équipés en piscines. Puis après cette période d’euphorie, « le marché s’est recalé », estime la dirigeante, qui avance par ailleurs un second facteur explicatif : « L’an dernier, nous avons subi un pool bashing généralisé, avec des médias qui dénonçaient l’utilisation d’eau dans les piscines, alors que cela ne représente qu’une partie infime de la consommation totale… ». Résultat, pour Sophie Gucciardi : « Le marché s’est remis sur des rails plus classiques, mais cela n’a rien d’inquiétant. » Et en 2024 ? Pour l’heure, alors que la saison estivale a mis du temps à démarrer, difficile d’établir des pronostics. « Nous aurons davantage de visibilité en septembre, assure la directrice du développement franchise. Nous anticipons un léger recul ou une situation à l’équilibre. »

Le modèle de la franchise
Pas de quoi décourager le groupe haut-garonnais présidé par Yves Allibert, qui a investi l’an dernier environ 10 M€ dans un nouveau dépôt logistique à Villeroy (77) destiné à servir le nord de la France, mais aussi – pourquoi pas, demain – les pays limitrophes. Huit personnes y ont été recrutées, sur un effectif global de 200 salariés, auquel s’ajoutent les quelque 500 collaborateurs des magasins franchisés. Car si Irrijardin possède lui-même treize points de vente, son modèle économique est en réalité principalement basé sur une activité de franchiseur qui lui aura permis de générer en 2023 (exercice clôturé fin septembre) un chiffre d’affaires de 81 M€. « Aujourd’hui, nous animons un réseau de 140 magasins au total, explique Sophie Gucciardi. Et nous avons encore de belles opportunités de déploiement en France, sans compter l’accompagnement de la reprise de magasins de franchisés qui souhaitent partir à la retraite. » Ainsi, cette année, Irrijardin devrait ouvrir six nouvelles enseignes et accompagner six transmissions.
Et après la France, le franchiseur basé à Noé ne s’interdit pas de se tourner vers l’international. « Nous avons ouvert un point de vente au Maroc l’an dernier et regardons désormais vers l’Allemagne, la Belgique et l’Espagne », confie Sophie Gucciardi, qui planche aussi sur l’hypothèse du rachat de « petits réseaux existants ». D’ici là, Irrijardin travaille sur le renouvellement de l’aménagement de ses magasins dans l’Hexagone, avec « de nouveaux concepts » qui devraient être dévoilés en octobre.











