Nataïs prévoit d’investir 18 M€ pour muscler ses capacités
La société gersoise Nataïs, spécialiste du maïs à pop-corn en vrac et micro-ondable, va lancer fin 2024 la deuxième phase de son plan d’investissement – jusqu’à 18 M€ sur cinq ans selon le développement de son activité – afin d’accroître la capacité de stockage de ses silos. « Cela nous permettra d’augmenter la part de maïs pop-corn d'origine Sud-ouest de la France de 85 % à 95 % et de relocaliser des volumes produits en Afrique du Sud », précise à La Lettre M Célia Ehmann, directrice du développement de cette entreprise de 150 salariés. Implantée à Bézéril, Nataïs a enregistré un CA proche de 75 M€ en 2023, contre 65 M€ l’année précédente, lié « à la croissance des volumes et à l’augmentation des prix en raison de l’inflation ».
« Si l’on compte en volume, les deux tiers de notre activité concernent le pop-corn en vrac, et le tiers restant le micro-ondable. Si l’on compte en valeur, c’est l’inverse », ajoute la dirigeante. Fin 2022, Nataïs avait déjà investi 6,3 M€ en infrastructure, notamment dans de nouveaux bâtiments de bureaux et espaces communs et l’optimisation de son entrepôt de stockage, et 2,5 M€ dans le volet industriel afin de moderniser et augmenter la cadence de production pour « passer de 300 sachets produits par minute à 330, voire 350 », estime la directrice du développement. Et d’ajouter : « Nous devons encore réorganiser les espaces, agrandir notre laboratoire et installer une chaudière biomasse. »
Consolider le leadership européen
Nataïs, qui fête ses 30 ans cette année, travaille avec environ 180 agriculteurs dans le Grand sud-ouest, qui produisent du maïs à pop-corn sous contrat. « Nous avons un réseau fidèle, avec un taux de renouvellement de 80 à 90 % », se félicite Célia Ehmann. Présente dans presque tous les pays européens, la société gersoise revendique « 40 % de part de marché en Europe pour le pop-corn au sens large ». Son objectif : consolider sa première place face à des concurrents venus d’Argentine et des États-Unis. « Nous devons axer notre positionnement sur le fait que nous avons une maîtrise complète de la filière et que nous sommes un acteur qualitatif », insiste la dirigeante.
Diversité du portefeuille
L’entreprise possède aussi « Maison Popcorn », une gamme de produits destinée au grand export dans des régions qui n’ont pas de production locale de maïs à pop-corn, comme le Moyen-Orient et l’Asie. Mais cette marque, tout comme « Yum-Kah », destinée au marché bio, « ne représente pas des volumes significatifs », indique la directrice du développement. En 2023, les volumes des deux marques propres de Nataïs correspondaient à 2 millions de sachets, pour un volume annuel total sur le segment micro-ondes de 155 millions de sachets. « Nous nous appuyons surtout sur le marché européen et sur la diversité de notre portfolio – cinéma, GMS, industrie – pour être résilients », résume Célia Ehmann. L'an dernier, Nataïs a pu compter sur la forte fréquentation des salles obscures : « Nous avons dû ouvrir notre usine plus tôt que prévu durant l'été pour le pop-corn en vrac destiné aux cinémas car les blockbusters Barbie et Oppenheimer ont explosé le compteur, explique la directrice du développement. Même si ce marché reste robuste, nous pensons qu’il sera moins porteur en 2024. »











