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Haute-Garonne
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Aéronautique et spatial
| 14/12/2021

Depuis son nouveau siège toulousain, Latécoère se prépare à grossir

C'est un groupe aéronautique chahuté mais combatif qui dévoile officiellement le 7 décembre son nouveau siège toulousain de 11 000 m2 rassemblant les bureaux d'études de ses deux branches  dédiées respectivement aux aérostructures et aux systèmes d'interconnexion –, mais aussi ses services R&T et ses équipes commerciales, support et corporate. Désormais locataire, Latécoère vient de prendre possession de ce nouveau siège implanté rue de Périole, à deux pas du précédent. Le bâtiment de cinq étages, tout de verre et d'acier, accueille quelque 700 salariés, jusque-là dispersés dans plusieurs sites, qui planchent sur des sujets innovants tels que le Li-Fi (communication par la lumière), le composite et le câblage de puissance dans le cadre de la propulsion hybride. Un second bâtiment de trois étages dédié à la restauration va être mis en service l'an prochain, de même qu'un centre dédié au composite, fruit d'un investissement de 5 M€. « Nous avons beaucoup travaillé avec Latécoère pour faire en sorte que l'entreprise puisse rester ici, sur un foncier situé au cœur de la ville, explique Jean-Luc Moudenc, maire LR de Toulouse et président de Toulouse Métropole. Un travail qui a parfois connu quelques points d'interrogation. Aujourd'hui, ce bâtiment est une invitation à se projeter vers l'avenir. »

Vers des opérations de croissance externe
Penser demain, c'est justement tout l'enjeu de Thierry Mootz, nouveau DG d'un groupe qui a vu son chiffre d'affaires fondre de 42,1 % en 2020 par rapport à l'année précédente, se portant à 413,2 M€. « La Covid a été une épreuve très difficile pour nous, admet le capitaine d'industrie. Mais nous avons su utiliser les différents leviers mis à notre disposition (prêts garantis par l’État, activité partielle de longue durée) et avons procédé l'été dernier à une augmentation de capital de 222,4 M€. Nous pouvons désormais financer de la croissance externe. » De premiers rachats ont eu lieu au cours des tous derniers mois : au Mexique, les activités Ewis de Bombardier et le fournisseur d'assemblages composites SDM, et en Belgique, la société TAC, spécialisée dans les bielles. « Nous préparons d'autres acquisitions en Europe et sur le continent américain », indique Thierry Mootz, qui glisse qu'une annonce pourrait avoir lieu « dans les prochains jours ». Ces opérations ont un but : permettre à Latécoère d'atteindre une taille critique, « c'est-à-dire d'enregistrer entre 1,5 et 2 Md€ de CA » à l'horizon 2030, estime le dirigeant qui  s'il revendique son histoire française, et en particulier toulousaine  entend offrir au groupe « une présence équilibrée entre l'Europe et les États-Unis ». En attendant, l'équipementier toulousain mise sur la reprise du trafic aérien et la hausse des cadences de production annoncée par les avionneurs pour retrouver l'équilibre financier « dès 2023 ». Latécoère compte environ 4 000 salariés (contre 5 000 avant la crise), dont 1 000 en Occitanie.

Alexandre Léoty / leoty@lalettrem.net
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