L'empire Altrad : « Nous sommes partis d’un produit sans valeur ajoutée »
Le 19 mars dernier, dans un amphithéâtre de l'université de Montpellier, un parterre d’étudiants de l’IAE et de Polytech Montpellier attend l'entrepreneur Mohed Altrad (services à l’industrie), venu raconter son aventure entrepreneuriale.
« Lorsque je me suis présenté en 1985 devant la barre du tribunal pour reprendre une petite entreprise fabriquant des échafaudages à Florensac, mon argumentaire était simple, se souvient-il. Même si elle est faible, je suis, à défaut d’autres repreneurs potentiels, la seule chance de redresser cette entreprise. » Trente-deux ans plus tard, le groupe, dont le siège est toujours à Florensac, est à la tête de 42 000 personnes, réparties dans 100 pays, et réalise un CA de 3,5 Md€. « Nous sommes partis d’un produit sans valeur ajoutée et nous sommes devenus leader mondial », résume-t-il, dévoilant quelques clés de sa réussite : « Mon challenge a été de banaliser encore plus le produit et de vendre au contraire de l’humain. »
De l'usine de production au métier de services
L’usine de production de tubes en métal est alors devenue « un métier de services. Nous sommes passés de la production et de la vente aux clients, à de la production vendue à nous-même puis louée à nos clients. » L’entrepreneur s'adresse d'abord au BTP dont le gros défaut est la fluctuation de l’activité : « Il lui faut être agile pour réduire les coûts de production en temps de crise, au risque sinon de disparaître. Nous nous sommes tournés ensuite vers le nucléaire, les ports,... L’échafaudage devient alors « le travail en hauteur ». Ce n’est plus le produit qui est important, mais le service proposé. Et comme il peut y avoir une crise sur une partie du monde qui nous ferait souffrir, nous avons fait en sorte d’être sur plusieurs continents », poursuit-il. De fait, le groupe Altrad est présent en Europe mais aussi dans le Pacifique, en Afrique (golfe de Guinée et Algérie), en Asie (Chine, Thaïlande, Singapour et extrême-Orient de la Russie). « J’aimerais aller aux États-Unis mais la politique qui y est actuellement pratiquée ne me convient pas. », poursuit le dirigeant.
En termes de management, difficile de maintenir le lien avec 42 000 personnes, admet le dirigeant. « Dans mon groupe, j’ai une holding avec peu de monde, une trentaine de cadres, explique Mohed Altrad. Le groupe est auto-géré, chaque personne est responsable à son niveau de ce qu’il est. » Et en guise de conclusion, le dirigeant donne cinq valeurs, qui, mises ensembles, permettent selon lui « d’atteindre l’excellence humaine » : respect, courage, convivialité, humilité et solidarité.










