Zephalto développe ses voyages stratosphériques à Toulouse
Zephalto, fondée en 2016 au Pouget (34), va désormais développer ses voyages bas carbone vers l’espace en ballon stratosphérique depuis sa nouvelle implantation d’Escalquens, dans la métropole toulousaine. « Notre phase de R&D est bien avancée, explique à La Lettre M Vincent Farret d’Astiès, fondateur. Nous sommes en route vers la certification et l’industrialisation. Nous avons choisi de nous implanter ici pour bénéficier de l’écosystème, des fournisseurs et des collaborateurs présents autour de Toulouse. » En 2024, un premier ballon – baptisé « Céleste » - pourrait embarquer six passagers et deux pilotes dans une capsule pressurisée à 25 kilomètres dans la stratosphère. Chaque ballon pourrait réaliser 60 vols par an.
Si le siège social de l’entreprise devrait demeurer dans l’Hérault, c’est bien à Escalquens que Zephalto va déployer son bureau d’études et ses ateliers. L’entreprise a entamé des discussions avec des acteurs locaux du secteur spatial en vue de bénéficier de leurs expertises dans les capsules pressurisées, les ballons et les sous-systèmes. La société de 22 salariés devrait par ailleurs recruter une quarantaine de personnes d’ici à début 2023, principalement en Haute-Garonne.
Trois vols d'essai déjà réalisés
Ingénieur aéronautique et ancien contrôleur aérien, Vincent Farret d’Astiès dit avoir eu l’idée de créer Zephalto en admirant un coucher de soleil au milieu des vignes héraultaises. « J'ai pensé qu’il serait merveilleux de pouvoir naviguer vers les étoiles en larguant les amarres, comme lorsqu’on part en voilier », confie-t-il. L’homme s’est alors rapproché du Centre national d’études spatiales (Cnes), dans une logique de transfert technologique. Depuis, plusieurs prototypes ont été développés et trois vols d’essai – avec pilotes à bord - ont été réalisés.
Entre technologie et luxe
Son environnement concurrentiel, Vincent Farret d’Astiès l’observe avec un certain recul. « On parle beaucoup d’acteurs comme Virgin Galactic, mais en réalité, nos offres sont très différentes, estime-t-il. Ce que nous allons proposer, ce sont des voyages de plusieurs heures, dans la douceur et la contemplation, avec une empreinte carbone minimale. » Des voyages qui ne seront pas à la portée de toutes les bourses, concède-t-il, évoquant un ticket de 120 k€ par passager. « Nous sommes à la fois les héritiers de la tradition aérospatiale et du luxe, du raffinement, argumente le dirigeant. Clairement, il s’agit dans un premier temps d’une offre très haut de gamme, tout comme l’était celle de l’aviation il y a cent ans, avant d’accéder à une certaine forme de démocratisation. »
Au-delà de la logique commerciale, les vols organisés par Zephalto devraient également permettre de collecter des données atmosphériques, de multiplier les observations spatiales et terrestres et de mettre en place de nouveaux protocoles expérimentaux. La société, qui vise dans un premier temps le marché français, envisage de se déployer ensuite en Europe et dans le monde.










