Vitesco Technologies France recrute et se prépare à intégrer son campus
Après avoir recruté cinquante personnes au cours des trois derniers mois, Vitesco Technologies France recherche actuellement une vingtaine de nouveaux collaborateurs. « Nous avons besoin à la fois de personnel d'encadrement, d'architectes logiciel, de chefs de projet, de responsables grands comptes et d'ingénieurs », indique à La Lettre M Stéphane Fregosi, président de l'entreprise de la société toulousaine (490 M€ de chiffre d'affaires en 2020) spécialisée dans les technologies de propulsion et les solutions d'électrification pour véhicules. Outre son siège de la Ville rose (1 000 salariés), Vitesco Technologies France compte deux unités de production à Foix et à Boussens (600 salariés), ainsi qu'un bureau commercial de vingt personnes à Cergy (95).
Un nouveau site toulousain en 2022
À Toulouse, la société se prépare à intégrer « entre mai et juin 2022 » ses nouveaux locaux jouxtant son site historique – qu'elle conserve – dans le quartier de Basso Cambo. Actuellement en construction, le bâtiment abritera les fonctions centrales de la société et ses activités de développement de technologies de propulsion pour véhicules électriques, hybrides et thermiques. Au total, « 621 postes de travail sont concernés ». Le bâtiment actuel devrait quant à lui faire l'objet de rénovations « dans les années à venir », indique Stéphane Fregosi. Au total, le campus toulousain s'étendra sur 27 000 m2.
Décarbonation et IA
Essaimage du groupe Continental, dont elle est désormais totalement indépendante, Vitesco Technologies France, qui a produit l'an dernier 40 millions de calculateurs, de capteurs et d'actionneurs, souhaite plus que jamais surfer sur la vague de la décarbonation des mobilités. La société mise par ailleurs sur une technologie qui pourrait bien, demain, se déployer massivement dans le secteur de l'automobile : l'intelligence artificielle (IA). Dans cette optique, elle noue un partenariat stratégique avec Aniti, institut interdisciplinaire d'intelligence artificielle de Toulouse, en vue de développer des solutions d'IA qui pourraient se retrouver à la fois en phase de production et sur les produits eux-mêmes. Un projet de quatre ans qui s'inscrit dans le cadre du Programme d'investissements d'avenir (PIA) 3. « L'objectif est de développer de nouvelles technologies permettant de détecter les anomalies de production, de faire de la maintenance prédictive dans nos usines, explique Stéphane Fregosi. Avec la possibilité d'embarquer une partie de cette innovation dans nos produits. »
Un projet France Relance
Autre projet d'envergure porté par l'entreprise toulousaine avec plusieurs partenaires (IFP Énergies nouvelles, le laboratoire toulousain Laplace et les industriels Siemens Industry Software et Alstom Hydrogène) : ECH2, pour « Électronique de Contrôle pour véhicules à Hydrogène ». Récemment labellisé France Relance, ce projet – dont l’entreprise ne communique pas le montant total – vise à « développer des solutions de contrôle de la pile à combustible de manière à allonger sa durée de vie », indique Stéphane Fregosi qui, pour accompagner ses ambitions, mise notamment sur l'écosystème toulousain. « Si nous sommes ici, ce n'est pas par hasard, sourit le dirigeant. Il y a dans le territoire de nombreux acteurs de pointe dans l'électronique et les systèmes embarqués, mais aussi dans le numérique et l'internet des objets. Nous sommes connectés avec toutes ces entités afin de dessiner ensemble un scénario gagnant-gagnant. »
« Nous nous positionnons sur le développement et l'industrialisation de solutions innovantes en France et dans le monde », indique le dirigeant, qui salue le plan France 2030 récemment dévoilé par Emmanuel Macron. « Il me semble très important que l’État amène une vision pragmatique sur ces sujets, confie-t-il. Nous savons qu'il va falloir fabriquer de l'énergie électrique en quantité et, dans ce contexte, je constate que le nucléaire est redevenu d'actualité. Il y avait une forme de pensée unique sur ce sujet. D'un seul coup, les dogmes pourraient changer… Il en ressortira peut-être un nouvel équilibre, un nouveau compromis. »










