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Région Occitanie
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Eau - Environnement
| 19/10/2021

Visibilité, RH, normes ... : Les défis de la filière eau

Vingt-huit entreprises d’Occitanie issues de la filière eau étaient présentes la semaine dernière à Pollutec (Lyon), grand-messe des acteurs de l’environnement (70 000 visiteurs, 2 200 exposants). Une opportunité pour ce secteur – 500 entreprises et 7 000 emplois en région au total –, qui cherche à s’affirmer sur un marché désormais international. Plusieurs défis se présentent à lui.

PLUS DE VISIBILITÉ

À commencer par sa quête de visibilité, justifiant sa présence dans la capitale des Gaules. « Nous sommes sur des marchés dominés par des grands comptes, explique Alain Cruzalèbes, directeur de Perax Technologies à L’Union (31). Des acteurs comme Veolia ou Suez ne vont pas forcément passer par nous. Les gros commandent aux gros, les petites initiatives peinent à émerger. »

Pourtant, la filière peut se targuer d’être parmi les plus structurées du secteur de l’environnement dans le territoire, estime Anne Baraillé, responsable export au sein de l’agence Ad’Occ, qui accompagne une délégation régionale. « Ce secteur n’est pas loin de disposer de l’ensemble des maillons de la chaîne de valeur pour le petit cycle », indique-t-elle, mettant en avant une offre de formation abondante et un solide dispositif de recherche – IM2E à Montpellier, GIS Eau du CNRS, unités de recherche de Météo-France à Toulouse, IMT Mines d’Albi et d’Alès... – ainsi qu’une présence soutenue dans l’ingénierie d’études avec des structures comme Biotope (34), BRL Ingénierie (30) ou encore CACG (65).

Deuxième difficulté : celle des ressources humaines, en particulier dans le domaine technique :« Il y a trois ans, il n’y avait pas de problématique de recrutement. La focale portait sur l’ingénierie financière », rappelle Gauthier Poudevigne, membre du bureau du cluster régional Aqua-Valley (240 adhérents). Également directeur général d’Imeca (intégration de système de filtration membranaire, 15 salariés, 3 M€ de CA - 34), il admet avoir dû recourir à la sous-traitance pour honorer un récent contrat. Erwan Trotoux, DG de Sapoval (15 salariés, 1 M€ de CA) à Albi (81), abonde en ce sens. Sa PME accompagne des industriels dans la valorisation des eaux usées:«Nous arrivons à trouver des profils d’ingénieurs via les bassins d’écoles toulousaines (Enseeiht, Ensiacet ou Insa). C’est plus délicat sur les postes d’opérateurs. »

NORMES FRANÇAISES

Autre enjeu à relever par la filière régionale pour intégrer la cour des grands : être capable de répondre à des appels d’offres truffés de contraintes normatives. « Un solide cadre de référence français permettrait de pénétrer les marchés internationaux », estime Gauthier Poudevigne. Sur le marché français, beaucoup jugent que des normes obsolètes freinent aussi l’innovation. Vincent Bernad, ingénieur commercial de la deeptech montpelliéraine NXO Engineering (5 salariés, 250 k€ de CA), commercialise depuis peu son système d’épuration de l’eau au moyen de micro- algues et déplore des « process et brevets datant de 1987 et...1914 ». Un chantier de plus pour un écosystème qui se développe.

Mickaël Deneux
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