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Hérault
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Immobilier
| 29/06/2022

Urbanisme : le préfet de l’Hérault partisan du cas par cas

Invité par le Cobaty Montpellier Méditerranée, Hugues Moutouh, préfet de l’Hérault, partage sa vision de l’urbanisme, privilégiant le cas par cas, devant les professionnels de l’immobilier, le 28 juin. Parmi les sujets évoqués : la sobriété foncière. « La loi Zan est un problème en raison de l’attractivité du territoire. Même si la consommation foncière a été limitée depuis 2017, j’applique la loi avec intelligence et bienveillance en plaidant le cas par cas, indique-t-il. Il faut agir sur les Scot, être pragmatique et raisonnable face à l’attente d’une ville durable. Tomber dans une doctrine administrative risque d’atteindre la qualité de vie des Français. »

Une ville durable
« La ville de demain sera inéluctablement durable, déclare Hugues Moutouh en revenant sur les questions de la reconstruction de la ville sur la ville, la ville du quart d’heure, « pas possible », selon lui à Montpellier. « La reconstruction de la ville sur la ville, c’est un autre modèle qui se dessine avec de la densité alors que Montpellier s’est développé avec les Zac. On voit par ailleurs que la volonté du président de la Métropole de Montpellier est de réinvestir les Zac existantes. Le PLU-i, attendu d’ici à fin 2023, devrait répondre à ces questions. Montpellier est une zone en tension et je ne vois pas avec la loi Zan ce qu’il va être possible de faire ».

Construire autrement serait une solution
« La construction flottante, c’est compliqué car en France on a un problème avec le risque. Pour autant, Gruissan a bénéficié d’une dérogation pour ce type d’habitat, souligne le préfet de l’Hérault. Il clair qu’ici il y a à la fois des problèmes d’inondation et de feux, j’ai d’ailleurs fait cartographier les aléas feuxEncore une fois, je plaide systématiquement pour que l’on fasse du cas par cas face aux demandes d’autorisations ». Pour autant, des questions de l’auditoire ont dévoilé des enjeux sur des communes comme Saint-Paul-et-Valmalle, contrainte de stopper son projet urbain en raison d’un problème lié à l’eau.

Jouer la solidarité territoriale
Autre sujet évoqué par le préfet de l’Hérault, les solidarités territoriales pour répondre aux enjeux immobiliers. « Ici, cette continuité urbaine entre Lunel et Montpellier est une nécessité. Sur la métropole de Montpellier, on arrive au bout de ce qu’il est possible de faire, souligne-t-il. On le pressent avec les assises de MedVallée. Un sacré projet qui va générer de la croissance avec forcément des chefs d’entreprise qui vont venir nous voir. Autre exemple, Genvia pourrait demander 200 ha pour produire ses électrolyseurs et va se retrouver face à des injonctions paradoxales. Bien sûr qu’il y a des solutions comme de l’agilité politique, c’est le cas avec Frontignan où une zone pourrait accueillir de nouvelles entreprises ».

Et si on créait des villes nouvelles ? « J’adore le concept mais c’est à rebours de ce qu’on nous dit de faire. Il faudrait des politiques ultra-volontaristes pour accompagner les territoires. On ne va pas construire des villes nouvelles dans les hauts cantons », note-t-il. Selon lui, le vrai rapport de force est dans la taille de la métropole. « Montpellier n’est pas encore une vraie métropole avec 485 000 habitants, alors que celle de Toulouse atteint 750 000 habitants et Marseille dépasse le million ou pire Barcelone avec plus de 6 millions d’habitants. Pour autant avec son littoral, Montpellier devrait être la métropole de la Méditerranée par excellence. Il faudrait qu’elle gagne Pays de l’Or et s’ouvre aussi au sud-est, pour se doter d’un aéroport et d’un port », commente-t-il, conscient des enjeux qui se cachent derrière une telle approche territoriale.

 

Véronique Coll / coll@lalettrem.net
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