la lettre M

Région Occitanie
| 28/04/2020

Une économie à refonder

Le monde d’après. À quoi ressemblera-t-il ? La crise que nous traversons, sans en connaître encore le terme, nous pousse au questionnement. Emmanuel Macron, lors de son allocution du 12 mars, a lui-même appelé à « tirer les leçons du moment que nous traversons, interroger le modèle de développement dans lequel s’est engagé notre monde depuis des décennies et qui dévoile ses failles au grand jour ». Pour ne parler que de l’économie, qu’il va bien falloir relancer, quelles seront demain les priorités des entreprises et les attentes de leurs salariés ? Les mêmes qu’avant ? Pas sûr. À l’échelle nationale, le collectif #NousSommesDemain – qui représente 400 000 entreprises et trois millions d’emplois en France à travers des ONG et des réseaux d’entreprises comme le Centre des jeunes dirigeants ou le Mouvement des entrepreneurs sociaux – demande par exemple à ce que les entreprises qui seront aidées par l’État s’engagent sur leur empreinte sociale et écologique.

L’Occitanie n’est pas absente de ces réflexions, loin s’en faut. Pour Olivier Torrès, enseignant-chercheur à l’université de Montpellier, spécialiste des TPE-PME et fondateur de l’Observatoire Amarok dédié à la santé des travailleurs non-salariés, « la crise va stimuler ce qu’on appelle la vigilance entrepreneuriale, c’est-à-dire l’aptitude d’un être humain à réinterpréter positivement ce qui lui arrive, et à y voir des idées qui peuvent déboucher sur des opportunités, sur une valeur ou un bénéfice ». Selon lui, « c’est le moment d’y réfléchir », en intégrant dans sa stratégie la notion de développement durable et en questionnant sa productivité – « En quoi ce que vous êtes en train de vivre peut vous amener à expérimenter de nouvelles formes de travail, de nouveaux matériaux, de nouvelles approches, qui vous permettraient demain, à moyens constants, de fabriquer plus, ou autant avec moins de moyens » (interview complète à lire chez nos confrères de La Gazette de Montpellier).

Selon Alain Di Crescenzo, président de la CCI Occitanie et vice-président de CCI France, la crise actuelle va aussi « nous amener à repenser certains choix allant dans le sens de plus de proximité et de sécurité. Le nearshoring, par opposition à l’offshoring, va voir relocalisée la production des produits et services les plus sensibles au plus près des centres de consommation. Nous allons devoir arbitrer collectivement ce sur quoi nous n’acceptons plus d’être dépendants, ce sur quoi nous acceptons une répartition de la production entre offshore et France/Europe, ce que nous considérons comme sans enjeux… » Pour lui, « nous ne vivons pas un coup de frein mais un coup d’arrêt, un changement de système avec un après à inventer ». Sur ce monde d’après, peu de certitudes encore, mais une conviction personnelle : le travail journalistique de vérification et de décryptage de l’information y aura toute sa place.

Aline Gandy gandy@lalettrem.net
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