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Haute-Garonne
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Aéronautique et spatial
| 15/10/2020

Toulouse se rêve en capitale des nano-satellites français

Mis en orbite en décembre dernier, le nano-satellite Angels est désormais considéré comme un succès. Une première étape dans la constitution d'une véritable filière des nano-satellites à la française, dont Toulouse serait la capitale. Car ce premier satellite de 27 kg, qui embarque l’instrument Argos Neo miniaturisé, est le fruit d'un travail partenarial entre plusieurs acteurs implantés dans la Ville rose. Il a en effet été co-conçu par le Cnes, dont le centre spatial toulousain abrite 1 700 agents, et la société Hemeria, née l'an dernier de la volonté du groupe Nexeya de se recentrer sur ses activités spatiales. C'est dans les locaux de cette entreprise toulousaine de 240 salariés qu'a eu lieu la conception, l’assemblage et le test du nanosatellite (investissement : environ 10 M€). La société, qui a enregistré 45 M€ de CA l’an dernier, planche désormais sur les 25 nanosatellites suivants, dédiés à l'internet des objets, qui constitueront la constellation Kinéis à l'horizon 2023. « Je suis fier du chemin parcouru depuis 2016, période de questionnement sur "Comment faire des cubesat-nanosat des produits industriels aux performances engageantes ? ", glisse Nicolas Mutlan, DG d'Hemeria. Nous pouvons dire qu’Angels est une belle justification du savoir-faire français dans la thématique New Space, du Cnes jusqu’à la filière d’industriels dont nous sommes fédérateurs. Ce démonstrateur désormais opérationnel est de bon augure pour la constellation de 25 satellites qui verra le jour prochainement et qui fera de Kinéis un acteur singulier dans le monde de l’IoT de demain. »

Un travail partenarial, « en mode projet »
Également toulousaine, Kinéis a levé 100 M€ juste avant le début de la crise de la Covid-19 afin de déployer, justement, cette constellation. Filiale du fournisseur de services satellitaires CLS (800 salariés, CA 2019 : 130 M€, siège à Ramonville-Saint-Agne - 31), elle est opératrice exclusive du système Argos, . La société de 42 salariés, qui a enregistré 5 M€ de CA l'an dernier, travaille « en mode projet » avec ses différents partenaires : le Cnes, Thales Alenia Space, Hemeria, Syrlinks, Cobham, Comat, StackLab et CLS. Avec un enjeu stratégique : dépasser l'état de l'art. « Si les performances d’Angels sont déjà exceptionnelles, celles des 25 nano-satellites de la future constellation dont il est le modèle répondent à un cahier des charges encore plus exigeant », assure Alexandre Tisserant, président de Kinéis. Pour Caroline Laurent, directrice des Systèmes orbitaux au Cnes, pas de doute, « Angels est le symbole du New Space français ».

Un avis partagé par Benoit Broudy, directeur des activités navigation de Thales Alenia Space en France, qui a fourni Argos Neo : « La miniaturisation des instruments ouvre de nouvelles perspectives dans la navigation par satellite et l’internet des objets. » 

Alexandre Léoty / leoty@lalettrem.net
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