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Haute-Garonne
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Aménagement - Urbanisme / Institutions
| 16/03/2018

Toulouse présente son projet urbain dans un manifeste

Jean-Luc Moudenc, maire LR de Toulouse, présente le 16 mars, aux côtés de son adjointe en charge de l’urbanisme, Annette Laigneau, son « Manifeste pour un projet urbain au service des toulousains ». Un document issu du travail mené par cinq cabinets d’urbanisme, en lien avec les services de la Ville, dans les principaux quartiers toulousains (hors centre-ville), parallèlement à l’élaboration du Plan local d'urbanisme intercommunal habitat (PLUi-H) de Toulouse, qui entrera en vigueur en 2019. Résultat : pas de règles précises, mais huit grandes « résolutions » destinées à esquisser la « vision » de long terme de la municipalité en matière d’urbanisme. « À travers ce manifeste, nous affirmons notre ambition, notre intention au sens le plus politique qui soit, assure Jean-Luc Moudenc. Nous montrons où nous allons. » Le manifeste sera prochainement disponible sur le site internet de la Ville de Toulouse et dans les mairies annexes.

Les huit résolutions du manifeste sont les suivantes : « Pour un projet urbain qui valorise notre patrimoine », « Pour un projet urbain qui permet notre développement », « Pour un projet urbain qui favorise la nature en ville », « Pour un projet urbain qui s’inscrit dans notre histoire », « Pour un projet urbain qui rapproche les habitants », « Pour un projet urbain qui facilite les déplacements », « Pour un projet urbain préparé et concerté », et enfin, « Pour un projet urbain qui voit loin ». Annette Laigneau insiste sur le travail collaboratif mené par chacune des équipes d’urbanistes. « Ils ont travaillé ensemble de façon coordonnée, en concertation avec les habitants des différents quartiers, et en croisant ensuite leurs analyses », indique-t-elle. Pour Jean-Luc Moudenc, il s'agit de « confronter la collectivité à un regard professionnel extérieur, offrant une expérience qui dépasse la seule ville de Toulouse ».

Pour le géographe Robert Marconis, professeur émérite à l’Université Toulouse II Jean-Jaurès, un tel travail prospectif, « qui tient compte des héritages et des limites du territoire, mais aussi de ses atouts », est forcément vertueux. Même s’il vient bien tard. « J’ai presque envie de dire : « enfin ! », souffle l’universitaire. Nous sommes l’une des rares métropoles françaises à ne pas avoir eu de projet urbain de grande échelle. » Et de rappeler la création du quartier du Mirail, dans les années 1960. « L’idée était de dédoubler la ville. Nous savons ce qu’il est advenu du Mirail… Face à cet échec, la politique urbanistique ultérieure a consisté en une série d’opérations ponctuelles, guidées par les opportunités, sans véritable plan d’ensemble, sans projet global de développement. » Résultat : « Au moment du déploiement des lignes de métro, par exemple, il a fallu leur donner des tracés un peu extraordinaires, avec des tours et des détours, pour relier des éléments urbanistiques dispersés ». Pour le géographe, les enjeux démographiques actuels doivent appeler la définition d’une véritable feuille de route stratégique en matière d’urbanisme, « à l’échelle de la ville, de la métropole, mais aussi, au-delà, de l’aire urbaine toulousaine ».

Les cinq cabinets d’urbanisme impliqués dans la démarche : la Fabrique urbaine (Paris), l’agence COT (Toulouse), l’agence INterland (Villeurbanne – 69), l’Atelier 2/3/4 (Paris) et l’architecte-urbaniste Pierre Lascabettes (Bordeaux - 33).

Alexandre Léoty / leoty@lalettrem.net
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