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Haute-Garonne
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Aéronautique et spatial
| 2/06/2020

Telespazio France vise 100 M€ de CA cette année

Malgré la crise du Covid-19, la société Telespazio France, filiale du groupe italien Telespazio, détenue conjointement par Leonardo (à hauteur de 67 %) et Thales (33 %), maintient le cap. Après avoir enregistré 90 M€ de chiffre d'affaires en 2019, l'entreprise toulousaine, qui fournit des services et applications satellitaires (télécommunications, observation de la terre et navigation), envisage toujours d'atteindre le seuil symbolique des 100 M€ cette année. Avec un objectif ambitieux à cinq ans : doubler son volume d'activité. « Plus des trois quarts de notre activité sont liés à des contrats de longue durée avec des acteurs étatiques – agences spatiales, armées -, et ne sont par conséquent pas directement impactés par la crise actuelle, explique à La Lettre M Jean-Marc Gardin, PDG de Telespazio France. Sur le marché “commercial”, c'est évidemment plus compliqué, notamment à l'international. Mais globalement, si impact il y a, c'est surtout sur la rentabilité. Car une telle crise engendre évidemment des surcoûts, notamment en matière d'organisation. »

Croissances externes
Aujourd'hui, l'entreprise concentre ses efforts sur les prises de commande 2021, principalement sur les marchés privés. « Nous travaillons notamment sur le déploiement de services de navigation à valeur ajoutée, pour le secteur agricole, par exemple », confie le dirigeant. Récemment, la société a ainsi imaginé pour le transformateur gersois de maïs à éclater Nataïs (130 salariés) un système à base de drones et d'intelligence artificielle permettant de localiser dans les champs avant récolte les pieds de datura, une plante toxique. Pour atteindre ses objectifs de croissance, Telespazio France pourrait s'appuyer sur des opérations de croissance externe. « Nous finalisons actuellement l'intégration des activités spatiales de la société italienne Vitrociset, annonce Jean-Marc Gardin. Et à l'avenir, d'autres opérations sont envisageables. » Telespazio France pourrait ainsi s'approcher des 500 salariés à la fin de l'année, contre 400 aujourd'hui.

Entre risques et opportunités
La société, qui a mis en place une cellule de crise dès le début de la pandémie, envisage une reprise quasi totale du travail de ses salariés toulousains sur site d'ici au 15 juin. « Le retour de nos collaborateurs se fait par vagues successives, précise Jean-Marc Gardin. Nous atteindrons les 100 % au 1er septembre. » Pour le dirigeant, qui est également vice-président du Club Galaxie, association rassemblant les grands acteurs du secteur spatial en Occitanie, « la crise que nous vivons peut être facteur d'opportunités, si nous parvenons collectivement à rendre le spatial plus accessible. » En revanche, prévient-il, le contexte actuel pourrait être mortifère pour les plus petites structures. « Pour une PME, un contrat qui se décale de quelques mois peut devenir existentiel... », assure-t-il. Le groupe Telespazio (2 600 salariés), tout comme Thales Alenia Space, fait partie de la “Space Alliance”, fondée en 2005.

Alexandre Léoty / leoty@lalettrem.net
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