Sprint, BigUp4startUp : l’écosystème numérique montpelliérain se muscle
Labellisée French Tech, la métropole de Montpellier a perdu le statut de capitale régionale au détriment de Toulouse, du fait de la réforme territoriale. Mais n’en reste pas moins, avec les pépinières d’entreprises innovantes (Cap Alpha, Cap Omega, Cap Gamma) du Business Innovation Center, une redoutable machine à produire des start-up : 1001 Pharmacies (pharmacie en ligne), TellMePlus (intelligence artificielle), Care Labs (chèque santé), Plussh (live stream), Teads (publicité vidéo sur Internet), Matooma (cartes Sim pour objets connectés), HTTPCS (cybersécurité)… En 2015, les entreprises locales ont levé 80 millions d’euros. Le résultat d’une émulsion permanente. Le 16 mars, 67 investisseurs nationaux ont ainsi assisté aux pitchs de 16 start-up, lors de la 13ème édition de Montpellier Capital Risque. « Dans l’économie numérique, les beaux projets peuvent naître partout, il faut savoir aller les dénicher et Montpellier a une dynamique reconnue », explique Marc Rougier (Elaia Partners), de retour à Paris après trois années passées dans la Silicon Valley.
Les 19 et 20 mai, la French Tech Montpellier organise la 2ème édition de BigUp4startUp, en lien avec le Groupe La Poste et Montpellier Méditerranée Métropole. Cette manifestation, inédite au plan national, permet de croiser les besoins en innovation des grands groupes implantés localement avec les propositions des start-up. Les grands groupes participants* diffuseront sur le site de l’événement un appel à projets, sur lequel les start-up pourront plancher. Vingt d’entre elles seront sélectionnées afin d’exposer leurs propositions.
Autre actualité : la création, à Montpellier, par le réseau international Numa (Paris), XLR Capital et un collectif d’entrepreneurs locaux, de Sprint Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées (LRMP, nom provisoire de cette nouvelle grande région, NDLR), un programme d’accélération dédié à la croissance des start-up. « Les start-up de Montpellier se font accélérer à Paris, Lyon ou Marseille. Il y a un manque évident, que Sprint LRMP va combler », relève Arnaud Laurent, associé de XLR Capital avec Patrick Chekib et Didier Soucheyre. Un service qui se veut « complémentaire des incubateurs, avec l’intervention d’hyperspécialistes, en matière juridique, marketing, de monétisation des modèles... » Sur la centaine de candidatures prévues, dix start-up seront retenues. Les start-up ciblées doivent être basées en LRMP, appartenir au champ numérique au sens large - FinTech, jeux vidéos, MedTech… - et compter déjà entre 3 et 10 salariés. Un autre critère, plus psychologique : « avoir des patrons pressés, conscients de l’agressivité croissante de la concurrence internationale, et qui veulent tout déchirer », illustre Patrick Chekib. La composition de la première promotion sera arrêtée début juin, pour un démarrage en septembre. L’été sera consacré à l’élaboration du programme d’accélération, adapté aux profils des candidats retenus. Mises sous pression et passées au crible pendant quatre mois, les start-up bénéficieront des retour d’expérience et des réseaux relationnels d’une cinquantaine de mentors régionaux ou internationaux. Des conseils exigeants, sans détour, « à même de repositionner une stratégie, d’éviter des erreurs, de gagner un maximum de temps et de se concentrer sur son cœur de métier », rappelle Arnaud Laurent. Parmi ces mentors, Rachel Delacour, marraine de Sprint LRMP, dont la société d’informatique décisionnelle, Bime, a été rachetée fin 2015 par l’Américain Zendesk pour 45 millions de dollars, mais reste basée à Montpellier. Mais aussi, côté locaux, Jonathan Vidor, PDG de JV Web (e-marketing) ou Gaël Bonnafous (Scimob, jeux vidéos) et, côté poids lourds nationaux, Alban Schmutz, vice-président d’OVH ou Philippe Bourcier (Criteo).
Sprint LRMP prévoit d’accompagner, au sein de la pépinière Cap Omega, une cinquantaine de start-up dans les trois prochaines années. La société prendra 5 % du capital des start-up accélérées, participation qui sera cédée lorsque la start-up lèvera des fonds ou sera revendue. Au capital de la SAS Sprint LRMP, en cours de création, Numa, qui a choisi Montpellier pour son premier pas en Province, aura une participation minoritaire, aux côtés du collectif d’entrepreneurs et de XLR Capital.
* Crédit Agricole, EDF, Engie, La Poste, Midi Libre, SNCF, Société Générale, Cisco, CDC, ERDF, Banque Populaire, CHU de Montpellier, Schlumberger.










