Smart Occitania : de nouvelles technologies pour optimiser l'électricité régionale
Lancé en 2017, le projet Smart Occitania qui visait à optimiser la distribution d’électricité et développer le recours aux énergies renouvelables dans les zones rurales d’Occitanie, touche à sa fin. L’occasion pour les partenaires – institutionnels, entreprises et chercheurs – de faire le point sur les résultats et pistes à suivre pour l’avenir. Le projet, qui a été piloté par Enedis, en partenariat avec la Région Occitanie, a mobilisé un budget de 8 M€, dont 5 M€ par le groupe Enedis lui-même. L’Ademe a quant à elle participé au financement du projet à hauteur de 25 %. Les partenaires industriels du projet, Actia et le groupe Cahors, ont investi respectivement 900 k€ et 800 k€.
Des capteurs pour mieux localiser les pannes
Les premiers résultats s’avèrent « concluants », indique Enedis. Grâce à l’installation de plus de 3 000 capteurs communicants, la localisation des pannes a pu être facilitée et permettre ainsi de réduire les durées de coupure. Ces capteurs, appelés « Sentinel » et conçus par le groupe Cahors, sont en cours de déploiement sur d’autres régions françaises, notamment en Bourgogne, Centre Val de Loire et Picardie, et l’entreprise vise déjà des marchés à l’export comme la Nouvelle-Calédonie. « Plusieurs contrats cadres ont déjà été passé en Occitanie et en France. Ils devraient nous permettre de générer un chiffre d’affaires de 1,2 M€ », indique Jean Marc Heitz, directeur général délégué en charge de la moyenne tension au sein du groupe Cahors.
Stocker pour mieux distribuer
Autre piste de travail suivie dans le cadre du projet Smart Occitanie : l’optimisation du stockage des énergies renouvelables. Dans l’objectif de devenir la première région à énergie positive en 2050, l’Occitanie doit certes être capable de produire des ENR, mais aussi de les stocker. Le laboratoire Promes (Perpignan) a ainsi développé une solution mise en œuvre par l’industriel Actia. Elle « permet de prédire de manière concluante la quantité d’énergie injectée dans le réseau pour ne pas provoquer de saturation », explique Enedis. Elle permet par ailleurs d’estimer la consommation et de fait, de stocker l'électricité lorsque son injection dans le réseau n'est pas nécessaire. « L’analyse coût-bénéfice de ce procédé est positive, surtout pour les méthaniseurs », constate Thierry Lafont pour Actia.
Recourir à l'intelligence artificielle
Le laboratoire toulousain Irit a quant à lui mené des études au sujet de l’intégration de l’intelligence artificielle aux opérations de maintenance. « Les premiers résultats sont encourageants et nécessitent des recherches supplémentaires », note Enedis qui estime cependant que les algorithmes « n’atteignent pas encore les résultats de la maintenance historique mise en place par Enedis ». Si l’intelligence artificielle peut constituer un outil supplémentaire pour améliorer la maintenance des réseaux électriques, les agents Enedis restent et resteront irremplaçables, rassure Mathieu Casaux, directeur régional Enedis. « Enedis investit chaque année 400 M€ sur le territoire régional et les emplois créés sur le terrain sont non délocalisables », conclut-il.
