SEG Diélectriques, seul fabricant français d'isolants souples, soutenu par France Relance
L'héraultais SEG Diélectriques (48 salariés, CA 2020 : 8,3 M€, Poussan), seul fabricant français d'isolants souples pour l'automobile, va recevoir une subvention de 800 k€ dans le cadre de France Relance. Son projet d'investissement, de 1,1 M€ en 2021 et 2022, vise en premier lieu à moderniser l'outil de production, installé sur un terrain de 10 000 m² qui lui appartient.
Nouvel atelier et machine de découpe 2D
Il s'agit de rénover l'atelier de découpe de 200 m² pour « améliorer les flux et les passages de machine en machine », bâtir un deuxième atelier de 300 m2 et y installer « une nouvelle machine de découpe 2D dédiée aux isolants pour les anciens moteurs mais surtout les nouveaux à traction des voitures électriques », détaille Alex Mateu, président depuis 1995 et petit-fils du fondateur, interrogé par La Lettre M. L'entreprise, bénéficiaire du fonds de modernisation et de diversification de la filière automobile, répond aussi aux attentes d'innovation : elle compte acheter des équipements pour les six employés - docteur en chimie, techniciens... - de son laboratoire, dont la mission sera de « sortir un isolant nouvelle génération qui correspond à plusieurs normes », annonce-t-il. Quatre à six embauches d'ouvriers, techniciens de production et ingénieurs matériaux sont prévues d'ici à 2022.
Des produits made in Hérault pour « éviter le court-circuit »
Créée en 1946, la PME familiale s'appuie sur un réseau de 600 réparateurs de moteurs, franchisés ou indépendants, dont une vingtaine en Occitanie. La maintenance de lave-linge, micro-onde ou tronçonneuse de particuliers, son métier historique, pèse 10 % du chiffre d'affaires. En parallèle, SEG Diélectriques conçoit et développe trois gammes de produits diélectriques, c'est-à-dire ne transportant pas le courant électrique : isolants souples (qui représentent 80 % de l'activité), vernis et résines « à mettre entre la tôle et le cuivre pour éviter le court-circuit dans un moteur ou alternateur », illustre le dirigeant. Parmi ses clients, Schneider Electric, Siemens et des équipementiers automobiles comme Valeo.
« Le couvre-feu n’a aucune incidence »
Depuis un an, l'entreprise, en concurrence avec des Allemands, Autrichiens, Italiens et Chinois, voit arriver de nouveaux clients : des fabricants de moteurs à traction pour véhicules électriques tels que Renault et Peugeot. L'export - Europe, Amérique centrale et Chili - pèse 60 % du CA. Celui-ci devrait retrouver en 2021 son niveau d'avant-crise, soit 9,6 M€, espère son dirigeant. « Sur la chaîne automobile, nous sommes en augmentation perpétuelle de chiffre d'affaires depuis septembre, le couvre-feu n’a aucune incidence », se félicite-t-il.
Automatisation et numérisation
Doté de 600 M€ de 2020 à 2022 par France Relance, le fonds de soutien de la filière automobile « vise à aider les entreprises à gagner en compétitivité, par une accélération des investissements d’automatisation et de numérisation de leurs procédés industriels », lit-on sur le site du gouvernement. « À date, près de 60 % des projets lauréats soutenus par ces fonds sont portés par des PME et 24 % par des ETI, ce qui témoigne de la bonne appropriation des mesures par l’ensemble des entreprises de ces filières, en particulier les sous-traitants », est-il souligné. Fin de l'appel à projets le 1er juin prochain.










