SBM Formulation ne connaît pas la crise et vise une croissance de 10 % en 2020
Depuis plusieurs dizaines d’années, SBM Formulation (groupe SBM Company, 110 salariés, CA : 25 M€ dont 20 % à l’export), basée à Béziers dans la zone d’activité du Capiscol, s’impose comme un spécialiste dans le domaine de la formulation et du conditionnement de produits phytosanitaires (fongicides, insecticides…) pour des clients issus historiquement de la viticulture et des grandes cultures (blé, orge…). La situation de pandémie de Covid-19 n’a finalement que peu perturbé l’activité de la société qui vise « une croissance de chiffre d’affaires de 10 % en 2020, après une hausse de 5 % en 2019. Nous recrutons en moyenne entre trois et dix personnes par an », annonce à La Lettre M Cyril Van Caneghem directeur de SBM Formulation et vice-président de France Chimie Méditerranée, qui représente les entreprises de la chimie des régions Sud Provence-Alpes-Côte d'Azur et de l'est de la région Occitanie. Selon le dirigeant, les sources de développement du secteur s’orientent vers les produits d’origine naturelle, même si cela va mettre du temps pour les homologations et juger de leur efficacité. « Ces produits d’origine naturelle représentent entre 3 et 5 % de notre activité. Nous avons quelques développements à l’étude actuellement », précise le directeur.
Des investissements à hauteur de 3 M€
La société prévoit d’investir 3 M€ sur les trois ans à venir dans la mise en place de la traçabilité par scan, l’amélioration de l’outil industriel et des conditions de travail. Engagé dans la qualité, SBM Formulation est certifiée Iso 9001, 14 001, 28 000 et est auditée pour l’Iso 50 001, visant la réduction des coûts énergétiques. « Accompagné par EDF, nous avons investi 1 M€ afin de réduire nos consommations de gaz et d’électricité. Cela s’est traduit par l’acquisition de nouveaux compresseurs de groupes froid dont nous récupérons l’énergie pour chauffer les ateliers. Les aménagements se terminent cette année », explique-t-il.
La chimie a maintenu son activité pendant la pandémie de Covid-19
« La pandémie n’a pas stoppé notre activité de production. 20 % du personnel a été placé en télétravail et nous avons mis en place toute les mesures barrières requises. Nous n’avons mobilisé ni le chômage partiel ni le PGE (prêt garanti par l’État, NDLR), poursuit Cyril Van Caneghem. La mise en confinement est apparue dans une période de faible activité pour nous, contrairement à janvier-février, époque où l’on évoquait déjà la pandémie. Nous avons mené des actions solidaires auprès d’une entreprise qui nous a sollicité pour conditionner sa production de gel hydro-alcoolique et avons distribué des masques et des blouses à l’hôpital de Béziers et des associations d’infirmières. »
Un emploi créé induit 3 à 4 emplois indirects
Interrogé sur le besoin de produire en France face aux difficultés d’approvisionnement en masques, gel hydro-alcoolique…, le dirigeant réplique : « le choix de produire en France fait partie de l’histoire de SBM. Nous n’avons jamais caressé l’idée de nous implanter ailleurs. Nous produisons en France pour servir des clients sur le marché national et en Europe. Si je mets ma casquette France Chimie Méditerranée, j’espère que le public se souviendra de cette situation où, en période de pandémie, 80 % des entreprises du secteur de la chimie ont maintenu leur activité contribuant ainsi à l’activité industrielle de la France, contrairement à l’aéronautique et l’automobile. La complexité administrative en France tend à sacrifier la chimie. Certes, il y a des accidents, mais quand le secteur de la chimie crée un emploi, cela génère en moyenne la création de trois à quatre emplois indirects ».










