la lettre M

Hérault
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Numérique
| 28/07/2020

Concurrence internationale autour de 150 emplois dans le numérique

Plus de femmes, des professionnels venus des quatre coins du monde... Les recruteurs dans le numérique ont plusieurs critères à satisfaire et se font concurrence au niveau international. Premier critère, la diversité. Via la féminisation des équipes notamment. « Ubisoft à Castelnau-le-Lez emploie près de 14 % de femmes. Ce n’est pas suffisant, reconnaît Guillaume Carmona, directeur du studio (30 postes à pourvoir en 2020). L’objectif est de doubler ce chiffre dans les deux ans. » Data-scientists, développeurs, programmeurs... Les recruteurs s'arrachent ces « talents » : « Nous constatons une concurrence internationale de plus en plus importante avec des recrutements à 100 % en télétravail, poursuit le directeur d’Ubisoft. Nos équipes sont chassées pour travailler aux États-Unis tout en restant à Montpellier et avec des niveaux de salaires... américains. » Même les entreprises parisiennes se mettent à recruter sur les terres montpelliéraines, rapporte Pierre-Alain Bouchard à la tête de Zendesk (solutions de service clients, 50 salariés) à Montpellier : « Nous contre-attaquons en proposant des salaires à la hauteur de ceux de la Capitale. » L’entreprise Teads (groupe Altice) rapporte aussi cette concurrence des talents : « Cela nous fait beaucoup réfléchir, reconnaît Eric Pantera, directeur technique. Veut-on dissocier l’emploi du territoire ? Pour l’instant, la réponse est non, mais c’est un vrai sujet. » Au sein de la start-up Aive, « un quart de l'effectif - essentiellement des data-scientists - est Montpelliérain. Tous les autres, il a fallu les faire venir, confirme Olivier Reynaud, le dirigeant. Ensuite, il faut les faire rester. »

Fidélisation
Une fois le salarié « ferré », encore faut-il le garder. Entre alors en jeu le sort de son entourage familial. « S’il est relativement difficile de faire venir certains talents spécifiques, le frein au recrutement provient aussi parfois du bloc familial », confirme Yannick Léouffre, dirigeant de site de ecommerce PrivateSportShop (140 salariés, 130 M€ de CA, 50 recrutements par an, Vendargues). Cette fidélisation des salariés est une vraie difficulté : « certains repartent au bout de 12 à 18 mois, faute d’intégration, notamment familiale », regrette-t-il. Chez Ubisoft, quatorze nationalités se côtoient dont 4 % d’anglophones. « Nous avons de grosses ambitions de recrutements d’internationaux mais le problème vient du conjoint ou de la conjointe qui cherche aussi un travail et de l’intégration de ces nouveaux habitants, confirme Guillaume Carmona. Par ailleurs, la recherche de logement peut être compliquée. Vivre pendant six mois dans un Airbnb est un problème. Or les profils que nous recrutons ont l'habitude d'être pris en charge sur toutes ces questions matérielles. »

Nelly Barbé
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