Pourquoi Stelia Aerospace lance un plan d'investissement de 110 M€
C'est un plan massif d'investissement que lance Stelia Aerospace, filiale du groupe Airbus spécialisée dans les aérostructures, les sièges pilotes et les fauteuils passagers Première classe et Classe affaires. Au total, 110 M€ seront injectés dans les quatre prochaines années par l'industriel avec le soutien de la Direction générale de l’aviation civile (DGAC) au travers du Conseil pour la recherche aéronautique civile (Corac), mais aussi des membres de sa supply chain (chaîne partenariale). Objectif : déployer dans l'ensemble de ses sites de production, mais aussi chez ses fournisseurs-clés, sa feuille de route en matière d'innovation. « En réalité, chez Stelia Aerospace, l'industrie du futur est quelque chose qui existe au présent, explique à La Lettre M Stéphane Campion, directeur industriel du groupe basé à Colomiers (31)*. Mais compte tenu du contexte, nous avons souhaité donner une nouvelle dimension à cette stratégie en lançant un plan d'envergure. »
Quatre grands axes de travail
Ce plan s'articule autour de quatre grands piliers. Tout d'abord, le déploiement d'une connexion digitale de pointe entre Stelia Aerospace et sa supply chain. « N'oublions pas que 80 % de notre chiffre d'affaires sont « achetés », rappelle Stéphane Campion. Par conséquent, nous sommes très dépendants de notre supply chain. Sans nos fournisseurs, nous ne sommes rien. Nous avons donc besoin de mieux communiquer avec eux, de mieux connecter nos ERP (progiciels de gestion intégrés, NDLR). A titre d'exemple, l'Early warning system (système d'alerte précoce, NDLR), que nous sommes en train de déployer, doit nous permettre de détecter en amont, à l'aide de l'intelligence artificielle et du big data, les potentiels retards chez nos fournisseurs, pour pouvoir y remédier »
Deuxième grand pilier du plan d'investissement : la modernisation de l'ensemble des processus de conception et de réalisation des pièces élémentaires. « Cela concerne bien entendu nos propres ateliers, mais nous souhaitons aussi en faire profiter nos partenaires », précise le directeur industriel. Le troisième axe de travail réside dans la définition et le déploiement d'innovations disruptives sur les lignes d'assemblage. « Nous devons pouvoir réduire l'utilisation de bâtis lourds au travers de solutions robotisées », estime Stéphane Campion. Enfin, dernier axe de travail : le développement de systèmes permettant, en coopération avec les avionneurs, de « pré-équiper davantage nos modules en amont de la phase d'assemblage, afin de réduire le volume d'activités en flux critique à la fin de la production ».
* Avant la crise, Stelia Aerospace comptait 7 100 salariés – dont environ 600 en Occitanie –, et enregistrait (en 2019) 2,4 Md€ de chiffre d'affaires. Face aux difficultés du secteur aéronautique, le groupe a lancé un PSE de 704 postes, bouclé début 2021 sans recours à des licenciements secs.










